Des souriceaux issus de deux pères créés par des scientifiques

par A. Lo.
Publié le 16 mars 2023 à 10h37
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Des scientifiques sont parvenus à obtenir sept souriceaux en utilisant des cellules provenant essentiellement de souris mâles.
Les souriceaux nés sont sains, en bonne santé et fertiles.
Le taux de succès de cette technique reste néanmoins faible, ne laissant pas présager une application à l'homme pour le moment.

Révolution dans le domaine de la reproduction. Des scientifiques ont publié une étude dans Nature dans laquelle ils révèlent être parvenus à obtenir des souriceaux issus de deux pères et d'une mère porteuse. C'est la première fois que des œufs sont créés en utilisant essentiellement des cellules de souris mâles.

Une méthode encore loin d'être appliquée à l'homme

Pour donner naissance aux souriceaux, l'équipe japonaise du biologiste du développement Katsuhiko Hayashi, de l'Université de Kyushu a prélevé des cellules de peau de la queue d'une souris mâle pour les transformer en des cellules souches pluripotentes. C'est-à-dire qu'elles sont capables de se transformer en n'importe quel type de cellules. 

Durant le processus, les chercheurs ont obtenu environ 6% de cellules perdant le chromosome Y qui leur confère le caractère masculin. Ils ont ensuite dupliqué le chromosome X restant, pour obtenir la paire XX, propre au sujet féminin. Les cellules ainsi transformées ont été utilisées pour créer des ovules, fertilisées avec du sperme de souris mâle, avant d'être implantées dans l'utérus de souris femelles porteuses.

Les souriceaux qui sont nés sont sains et fertiles. Seuls sept ont néanmoins survécu, sur un total de 630 essais, soit un taux de succès inférieur à 1%. La solution semble donc encore loin de pouvoir être appliquée à l'homme pour le moment. D'autant que le temps de gestation de neuf mois est bien plus long chez l'être humain que chez la souris, qui ne dure que trois semaines. Les risques d'échec seraient par conséquent bien plus importants.

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Jonathan Bayerl et Diana Laird, deux experts en reproduction et cellules souches à l'Université de Californie à San Francisco, ont néanmoins qualifié l'étude d'"étape remarquable en biologie reproductive". Cette technique pourrait potentiellement être utilisée pour sauver une espèce en danger qui n'aurait plus qu'un mâle reproducteur. Or Katsuhiko Hayashi est justement impliqué dans un programme de sauvegarde du rhinocéros blanc. La recherche n'en finit pas néanmoins puisque dans le cas de cette espèce, seules deux femelles vivent toujours.


A. Lo.

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