Plus de 50 ans après Apollo, en dépit des progrès, se poser sur la Lune reste un exercice périlleux

Publié le 19 janvier 2024 à 13h54

Source : TF1 Info

L'alunisseur américain a connu une fuite de carburant et se dirige vers la Terre, où il s'est probablement consumé dans l'atmosphère ce jeudi.
Plus de cinquante ans après l'arrêt du programme Apollo, envoyer un engin se poser sur la surface lunaire reste un exploit.

C'est un échec. La mission Peregrine One devait marquer le retour des Américains sur le sol lunaire, cinquante ans après l’arrêt programme Apollo. Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu. Peu de temps après son lancement, le vaisseau spatial, Peregrine, a subi une avarie et il est rapidement devenu évident qu'il ne pourrait pas se poser en douceur sur sol lunaire comme initialement prévu, en raison d'une fuite de carburant. 

L’entreprise spatiale américaine Astrobotic, qui opère la mission, a donc dérouté l’engin pour qu’il revienne sur Terre, où il doit s'est probablement désintégré ce jeudi 18 janvier en rentrant dans l'atmosphère. 

Aujourd’hui encore, décrocher la Lune reste en effet un exploit. Car si elle est à nouveau source de convoitise, cela n’a pas été le cas pendant près de quatre décennies. L'alunissage de la mission chinoise Chang'e 3 en 2013 était la première tentative depuis 1976 et la mission soviétique Luna 24. Sur la Lune, la gravité y est six fois plus forte que sur Terre, mais il n'y a pas d'atmosphère. Contrairement à Mars, où les engins spatiaux peuvent voler jusqu'à leur destination et freiner à l'aide de parachutes, les atterrissages sur la lune dépendent entièrement des moteurs. Un exercice périlleux, et il faut donc s’attendre à de nouveaux échecs. 

Une flopée de startups dans les starting-blocks

D'ailleurs, Astrobotic n’est pas le premier se casser les dents. En 2019, la sonde Beresheet de la startup israélienne SpaceIL avait subi une "panne moteur" lors de la descente. Quant à l’alunisseur Hakuto-R de la société japonaise ispace, il s’était écrasé en 2023 après une "perte de communication" survenue quelques minutes avant qu’il ne touche le sol. Même pour les agences spatiales, cela reste une prouesse. Le récent échec de la mission russe Lune-25 en témoigne. De leur côté, les Indiens ont dû s’y prendre à deux fois avant de réussir. En août dernier, l’Organisation indienne pour la recherche spatiale (Isro) a réussi à poser en douceur l’atterrisseur Vikram, lors de la mission Chandrayaan-3, quatre ans après avoir essuyé un crash. 

À ce jour, seules quatre nations ont réussi un alunissage, à savoir les États-Unis, l'Union soviétique, la Chine et l'Inde. Mais peut-être plus pour longtemps. Ce vendredi 19 janvier, l’Agence japonaise d'exploration aérospatiale (Jaxa) tente à son tour de décrocher la Lune avec leur atterrisseur SLIM pour la première fois. En cas de succès, le Japon rejoindrait alors ce club très fermé. Aux États-Unis, plusieurs startups sont aussi sur la rampe de lancement, dans l’espoir de devenir la première organisation privée à atteindre la Lune, avec à la clé de juteux contrats avec la Nasa, dans le cadre du nouveau programme de partenariat public-privé CLPS (pour "Commercial Lunar Payload Services").

L'Agence spatiale américaine cherche à réduire autant que possible les coûts en sous-traitant l'acheminement de matériel sur la lune à des sociétés privées, à l’instar de la startup Astrobotic. L’entreprise spatiale américaine Intuitive Machines prévoit ainsi de lancer trois missions à destination de la Lune, dont la première doit décoller en février prochain. La startup texane Firefly Aerospace lancera son alunisseur, Blue Ghost, au printemps prochain. Quant à la startup Astrobotic, elle retentera sa chance en novembre prochain, mais avec un autre vaisseau, Griffin. En fin d’année, ce sera la deuxième tentative de la société japonaise ispace, avec son vaisseau Hakuto-R.


Matthieu DELACHARLERY

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