Quatre mathématiciens couronnés par la médaille Fields, dont le Français Hugo Duminil-Copin

M.L (avec AFP)
Publié le 5 juillet 2022 à 10h48
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Source : JT 13h WE

Quatre scientifiques ont été consacrés à Helsinki mardi, dont un Français, mais aussi une Ukrainienne, Maryna Viazovska.
Elle est la deuxième femme à remporter le prix depuis sa création en 2016.
Deux mathématiciens anglophones, June Huh et James Maynard, complètent le classement.

Si la cérémonie a été relocalisée à cause de la guerre en Ukraine, elle s'est toutefois bien tenue. Quatre mathématiciens ont reçu mardi à Helsinki la médaille Fields, dont le Français Hugo Duminil-Copin et l’Ukrainienne Maryna Viazovska, la deuxième femme à recevoir cette prestigieuse distinction depuis la création de la récompense en 1936. Les deux autres lauréats de cette récompense remise tous les quatre ans, considérée comme l'équivalent d'un "Nobel de mathématiques", sont le chercheur basé aux États-Unis June Huh et le Britannique James Maynard. 

La médaille, remise par l'Union mathématique internationale, célèbre les "découvertes exceptionnelles" de chercheurs de moins de 40 ans et les gratifient de 15.000 dollars canadiens, soit 11.000 euros environ. L'annonce a été faite lors d'une cérémonie à Helsinki dans le cadre du Congrès international des mathématiciens. Celle-ci aurait initialement dû se dérouler à Saint-Pétersbourg, mais la cérémonie a été relocalisée à Helsinki, en Finlande, en raison de la guerre en Ukraine.

Un 13e Français sacré

Le Français Hugo Duminil-Copin, 36 ans, est le 13e Français à obtenir ce prix. Il consacre ses travaux à la branche mathématique de la physique statistique. Nommé professeur à l’âge de 29 ans, le mathématicien probabiliste partage son temps entre l’Institut des Hautes Études Scientifiques, près de Paris, et l’Université de Genève, et travaille sur le fonctionnement de modèles de particules en interaction, par exemple le changement d'état de l'eau ou le passage d'un liquide à travers un milieu, liste Le Monde

Il a été récompensé pour avoir résolu plusieurs "problèmes de longue date dans la théorie probabiliste des transitions de phase", ce qui a permis d’ouvrir "plusieurs nouvelles directions de recherche", selon le jury. "Je ne me sens pas un génie. Au contraire, je veux insister sur ma normalité. Être bien équilibré, c’est ça qui permet la créativité", s'est décrit le scientifique, par ailleurs passionné de sports, dans les colonnes du quotidien.

Maryna Viazovska, deuxième femme seulement à recevoir le prix

Deuxième femme à gagner le prix en 80 ans d’histoire, Maryna Viazovska est née il y a 37 ans en Ukraine, à l'époque en Union soviétique. Elle est depuis 2017 professeure à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, en Suisse. La mathématicienne a reçu la récompense pour avoir résolu une version d’un problème géométrique vieux de plusieurs siècles, en démontrant l’empilement le plus dense de sphères identiques au-delà de l’espace en trois dimensions - en l’occurrence l’étonnante dimension 8 où la symétrie est optimale.

Le "problème d’empilement compact", plus communément appelé "problème du marchand d'oranges", taraude les mathématiciens depuis le XVIe siècle, lorsque s’est posée la question de l’empilement le plus dense possible des boulets de canon. 

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"J’aime les mathématiques depuis l’école. Cela m’a toujours semblé la matière la plus claire. Et comme j’aimais, je passais plus de temps dessus, donc je suis devenue meilleure en maths qu’en d’autres matières. Donc je les aimais encore davantage et… ainsi de suite", a témoigné cette native de Kiev auprès de l'établissement où elle enseigne, qui lui a accordé un portrait sur son site. En 2014, l'Iranienne Maryam Mirzakhani, décédée d'un cancer trois ans plus tard, avait été la première femme à remporter la médaille Fields.

Âgé de 35 ans, le Britannique James Maynard est professeur à l’Université d’Oxford au Royaume-Uni. Il reçoit la médaille "pour (ses) contributions à la théorie analytique des nombres, qui ont mené à des avancées majeures dans la compréhension de la structure des nombres premiers et dans l’approximation diophantienne". Professeur à l’Université de Princeton aux États-Unis, June Huh, 39 ans, a quant à lui été sélectionné pour avoir "transformé" le domaine de la géométrie combinatoire, "en utilisant des méthodes de la théorie d'Hodge, la géométrie tropicale et la théorie des singularités".


M.L (avec AFP)

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