Sommeil : bientôt un traitement efficace contre les cauchemars ?

Publié le 28 octobre 2022 à 14h50

Source : JT 20h Semaine

Une équipe de recherche suisse a mis au point une méthode prometteuse pour traiter les cauchemars.
Selon leurs travaux, la répétition d’un son combinée à des exercices mentaux réduit leur fréquence de manière significative.
Selon l'Académie de médecine américaine, 4% des adultes souffriraient de la "maladie des cauchemars", qui cause notamment dépression et mal-être.

Un traitement efficace pour ne plus jamais faire de cauchemar ? Tout le monde en rêve ! La recherche avance en tout cas dans ce domaine, en témoignent les travaux prometteurs d'une équipe de chercheurs de l’Université de Genève (Unige) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) dont les recherches ont été publiées jeudi 27 octobre dans la prestigieuse revue Current Biology. L'équipe de neuroscientifiques a mis au point une méthode capable de réduire la fréquence des cauchemars, notamment pour les patients qui souffrent de ce qu'on appelle la "maladie des cauchemars". Un trouble souvent méconnu mais qui peut avoir de graves conséquences. 

Des résultats "prometteurs"

"S’ils sont fréquents, c’est-à-dire au moins une fois par semaine, et s’ils ont des conséquences négatives à l’éveil (détresse, mal-être, dépression, difficultés au travail), alors on parle de maladie des cauchemars, et il faut consulter un spécialiste", souligne Sophie Schwartz, professeure de neurosciences fondamentales à l’université de Genève et coauteure de l’étude, citée par nos confrères de 20 Minutes. Ce trouble du sommeil relativement méconnu toucherait environ 4% des adultes, selon l'Académie américaine de médecine du sommeil.

Pour chasser les mauvais rêves, l'équipe de chercheurs associe deux techniques. La première, déjà utilisée dans le traitement de ce trouble, repose sur la pratique d'exercices mentaux afin de "réimaginer" ses cauchemars avec des fins positives. Les participants doivent ainsi décrire en détail leur cauchemar, puis lui trouver une issue positive ou stimulante. La deuxième, celle des travaux suisses à proprement dit, consistait à répéter toutes les 10 secondes un son, en l'occurrence pour l'étude un accord de piano majeur, lors de la phase de sommeil paradoxal, en toute fin de nuit. 

Lors des essais cliniques, la fréquence des cauchemars chez les patients était passée de deux à trois fois par semaine, à zéro en moyenne au bout de seulement quinze jours, soulignent les chercheurs dans le compte rendu de leur étude. En parallèle, un autre groupe de malades, qui effectuait les exercices mentaux mais sans l’accord de piano, est lui passé à un cauchemar par semaine. D’autres essais vont être menés pour confirmer ces résultats que les chercheurs qualifient déjà de "prometteurs".

Pour l’instant, cette thérapie de désensibilisation ne peut être pratiquée en dehors d’un cadre médical. Les 36 patients qui ont participé à l’étude étaient tous équipés d’un bandeau bardé d'électrodes. Celui-ci permettait aux scientifiques de surveiller les cycles de sommeil mais aussi d’émettre le fameux son grâce à une technologie de conduction osseuse afin de ne pas réveiller les participants. Mais à plus long terme, l’équipe de scientifiques n’exclut pas de rendre accessible à tous cette nouvelle méthode grâce au développement de dispositifs portables et connectés.


Matthieu DELACHARLERY

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