La nouvelle fusée géante de la Nasa a connu des dysfonctionnements lors d'un test réalisé lundi.
Un échec de plus pour les États-Unis qui prennent du retard dans la nouvelle course à la Lune face à la Russie et à la Chine.

Du retard à l'allumage et un nouveau revers pour la Nasa. La méga-fusée Space Launch System (SLS), censée permettre aux Américains de retourner sur la Lune à l'horizon 2026, a dû rentrer au garage suite à l'échec d'un premier test réalisé lundi sur son aire de lancement au centre spatial Kennedy, en Floride. Les ingénieurs de l'Agence spatiale américaine ont rencontré une série de problèmes, les ayant conduits à repousser cette ultime répétition générale, une étape pourtant cruciale avant son lancement qui était prévu initialement en mai prochain.

Le test en question consistait à répéter toutes les étapes menant à un décollage, du remplissage des réservoirs au compte à rebours final juste avant l'allumage des moteurs. "Le véhicule lui-même fonctionne très bien, mais les opérations sont très compliquées", a justifié Tom Whitmeyer, responsable du développement des systèmes d'exploration à la Nasa, lors d'une conférence de presse. Une valve défectueuse va notamment devoir être changée et une fuite a également été découverte lors des dernières opérations de remplissage de l'étage principal avec de l'hydrogène liquide. Initialement annoncé pour fin 2021, le décollage de la fusée SLS a déjà été maintes fois repoussé.

La mission Artémis-1 ne décollera pas avant l'été prochain

Les responsables de la Nasa n'ont pas précisé pour l'instant quand ils comptaient procéder à un nouvel essai. Mais les réparations dans le bâtiment d'assemblage prendront au minimum plusieurs semaines, a indiqué Charlie Blackwell-Thompson, directrice pour le lancement d'Artémis, le nom du programme américain pour retourner sur la Lune. Une fenêtre de lancement était possible début juin, mais se révèle désormais très difficile à tenir, a reconnu de son côté Tom Whitmeyer. Les fenêtres de lancement suivantes, qui tiennent compte de la position de la Terre et de la Lune, s'étendent du 29 juin au 12 juillet, puis du 26 juillet au 9 août. 

La date du lancement de la mission Artémis-1, qui marquera le tout premier vol du SLS, ne sera annoncée par la Nasa qu'à l'issue de cette répétition générale. Le jour J, la capsule Orion, située au sommet de la fusée, sera propulsée jusqu'à la Lune et placée en orbite, avant de revenir sur Terre. Pour cette première mission, aucun astronaute ne sera à bord du vaisseau. Une fois en orbite, Orion déploiera dix satellites baptisés CubeSats, de la taille d'une boîte à chaussures, qui récolteront des informations sur l'espace profond. Son amerrissage aura lieu dans le Pacifique, au large de la Californie. La mission Artémis-1 doit durer trois semaines au total.

Thomas Pesquet : quel intérêt scientifique y aurait-il à retourner sur la Lune ?Source : JT 20h WE

Et si le prochain Neil Armstrong était chinois ?

De Washington à Pékin, en passant par Moscou, la Lune fait de nouveau rêver. Et pour cause. C'est une étape indispensable à la préparation de l'envoi des premiers humains sur Mars. En effet, le terrain lunaire est considéré comme un laboratoire, un champ d'expérimentation idéal pour tester les technologies, appareils et véhicules, ainsi qu'un terrain d'entraînement pour les astronautes. Les connaissances acquises serviront aux futures missions martiennes. Le mois dernier, l'Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé qu'elle suspendait son partenariat avec Roscosmos, l'Agence spatiale russe, en répercussions à l'invasion de l'Ukraine. Le retrait de l'ESA risque de perturber légèrement les plans de Moscou, sans remettre en cause leur exécution. Roscosmos prévoit toujours de lancer en août prochain un atterrisseur pour étudier le sol lunaire.

Et pour l'heure, dans ce remake des années 1960, rien ne dit que les Américains seront les premiers à toucher au but. Ces dernières années, Pékin a démontré qu'il peut aujourd'hui prétendre, sans avoir à rougir, au statut de grande puissance spatiale. Le 16 avril, trois astronautes chinois sont revenus sur Terre, après six mois dans la station spatiale chinoise Shenzhou-13, battant ainsi le record du plus long séjour jamais effectué par la Chine dans l'espace. Une nouvelle démonstration de force après celle de janvier 2019, lorsque la Chine a réalisé la prouesse de poser un engin spatial sur la face cachée de la Lune, une première dans l'histoire de la conquête spatiale. Si bien qu'aujourd'hui certains imaginent déjà que le prochain Neil Armstrong pourrait être chinois. Une prophétie qui apparaît, au regard de ce nouvel échec de la Nasa, de plus en plus crédible aux yeux des experts.


Matthieu DELACHARLERY

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