Sur l'île de Sumatra, un orang-outan a été observé en train de se soigner tout seul.
Comme 79 espèces d'animaux, il possède l'étonnante compétence de s'auto-médiquer dans certains cas.
Ce savoir est-il inné ou acquis ? C'est la question que s'est posé le 20H de TF1.

La nature est pleine de surprises. Sur l'île de Sumatra, en Indonésie, une équipe de scientifiques de l’Institut Max Planck vient de faire une découverte pour le moins étonnante. Pour la première fois, ces biologistes ont pu observer un orang-outan en train de se soigner par lui-même. Rakus, comme l'a baptisé le groupe de chercheurs, a réussi à se confectionner un cataplasme pour panser une blessure survenu à la suite d'un combat avec un autre mâle. Non seulement l'animal a su se procurer la bonne plante, en l'occurrence des feuilles de fibraurea tinctoria, mais il a aussi usé de la technique adéquate, comme le raconte le Dr Isabelle Laumer, biologiste cognitive à l'Institut Max Planck, dans la vidéo qui accompagne cet article. 

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"Avec son doigt, il a étalé de manière répétée sur la blessure. Il l'a fait pendant sept minutes. Et à la fin, il a mis le reste de la mixture, plus solide, directement sur la blessure jusqu'à tout couvrir", relate la chercheuse au micro de TF1. Sur la photographie prise par l'équipe de scientifiques quelques semaines plus tard (voir les clichés avant/après ci-dessus), on peut voir que l'entaille profonde sous son œil droit s'est complètement refermée. Comme l'indiquent les chercheurs, il s'est avéré que la plante en question, nous l'utilisons aussi dans la médecine traditionnelle, dans le traitement du diabète ou de la diarrhée, mais aussi en tant qu'anti-douleur. Mais alors, comment Rakus a-t-il acquis cette connaissance ? 

79 espèces animales pratiquent l'automédication

Selon le Dr Isabelle Laumer, ce comportement n'est pas le fruit du hasard. "Il est possible par exemple que sa mère ou un autre orang-outan lui est montré ce comportement quand il était petit. Et il l'a ensuite appliqué lui-même", avance la chercheuse. Cette transmission du savoir, notamment de l'automédication, a déjà été observée au sein d'autres espèces animales. "Parmi les animaux domestiques, on a aussi des exemples. Les chiens et les chats mangent de l'herbe pour expulser les parasites, par exemple. On observe aussi des utilisations de plantes chez les éléphants pour la mise bas", explique le Dr Sabrina Krief, professeure au Muséum national d'Histoire naturelle, dans le reportage.

À ce jour, selon l'état actuel des connaissances, pas moins de 79 espèces animales pratiquant l'automédication ont été recensées dans le monde. Cette découverte chez l'orang-outan va permettre aux scientifiques d'en apprendre davantage sur cet animal extrêmement intelligent, et avec lequel nous partageons de nombreuses similitudes. Selon les estimations de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), leur population totale est estimée entre 45.000 et 69.000 individus. La présence de ces grands singes d'Asie menée de disparition se limite aujourd'hui à deux îles, Bornéo et Sumatra.


M.D. | Reportage : Nicolas Robertson, Mustapha Kherraji

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