LÉGISLATION - Au 1er janvier 2022, les agents de toutes les collectivités territoriales devront être passés aux 35 heures par semaine. Une loi contre laquelle s'opposent encore certaines municipalités.

Policiers municipaux, jardiniers, employés de cantine ou encore chargés de la sécurisation des passages piétons à la sortie d'école... Quel que soit leur poste, tous les fonctionnaires territoriaux devront passer au 1er janvier 2022 aux 35 heures. Ils bénéficiaient jusque-là d'un régime de dérogation leur permettant de travailler 1552 heures par an, plutôt que les 1607 imposées.

Cette obligation, prévue par la loi de transformation de la fonction publique d'août 2019, était déjà respectée par plus de la moitié des collectivités. À son annonce, la plupart des autres villes se sont résolues à l'appliquer. Mais à quelques semaines de l'entrée en vigueur de la loi, certaines municipalités font encore de la résistance.

C'est par exemple le cas à Paris ou à Marseille, mais aussi à Lyon, où les agents ont engagé un véritable bras de fer avec la municipalité. "Déjà qu’on a des journées à rallonge, on fait des heures sup' qu’on ne récupère pas forcément... Les salaires sont bas. Je ne vois pas pourquoi on travaillerait plus, je suis désolée", affirme une salariée lors d'une manifestation sous les fenêtres de la mairie de Lyon, dans le sujet du 20H de TF1 en tête de cet article. 

De son côté, la municipalité affiche son opposition à la loi, mais tente de trouver un compromis avec ses employés pour éviter de payer les amendes en cas de non-respect des 35 heures. "Je suis maire de Lyon, mon rôle, c’est de faire appliquer la loi et d’appliquer la loi. Je dois être légaliste. Si je ne le fais pas, la ville de Lyon doit payer une pénalité", déclare, pragmatique, le maire écologiste Grégory Doucet. 

Pour ce faire, la troisième ville de France a  procédé à des revalorisations de salaire et espère également pouvoir exclure de ces augmentations de temps de travail certains métiers. "Nous proposons de travailler sur la question de la pénibilité, de manière à garantir aux agents les plus exposés, souvent les agents de terrain, ceux qui sont souvent en première ligne, le fait que leur temps de travail restera échangé ", précise Laurent Bosetti, l'adjoint chargé du dossier. Une mesure qui pourrait concerner 5000 agents sur les 8500 qui travaillent pour la Ville. 

Cette solution ne pourrait cependant pas convenir puisque c'est la loi qui tranchera à la fin quels métiers relèveront de la pénibilité ou pas. En attendant, d'autres maires n'ont même pas encore initié de négociations, clairement réfractaires à l'application de cette législation.

"On veut nous empêcher de gérer notre personnel à notre convenance", s'offusque ainsi face aux caméras de TF1 Pierre Belloch, maire communiste de Vitry-sur-Seine. Avec six autres municipalités communistes du Val-de-Marne, le conseil départemental et l'établissement public Grand-Orly Seine Bièvre, ces opposants ont envoyé un courrier en février dernier pour prévenir qu'ils n'appliqueraient pas "cette loi rétrograde". "Nous, on est prêt à aller jusqu’au procès", assure le maire de Vitry-sur-Seine.


La rédaction de TF1info

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