À Marseille, des furets pour combattre la prolifération des rats

Publié le 29 octobre 2022 à 13h27
JT Perso

Source : JT 20h WE

La municipalité de Marseille souhaite expérimenter une nouvelle approche pour lutter contre les rats.
Elle fait appel à un éleveur de furets afin de s'attaquer au problème.
Des sites spécifiques ont été ciblés à travers la ville.

L’Académie de Médecine mettait en garde il y a quelques mois contre la prolifération des rats et leur surpopulation dans les grandes villes, comme Paris et Marseille. Selon elle, les mairies doivent promouvoir "un plan de propreté urbaine, rigoureux et pérenne, pour supprimer les déchets alimentaires accessibles aux rongeurs". L'institution appelle également de ses vœux d’importantes campagnes de dératisation dans les habitations. Si à Marseille, la lutte contre les rats n'a pas attendu ces préconisations, une nouvelle technique va désormais être essayée : l'utilisation de furets.

Plusieurs sites précis sont ciblés

Le journal La Provence rapporte que la municipalité va faire appel aux instincts prédateurs des furets pour combattre les rats, une méthode ayant déjà porté ses fruits à Toulouse, Vincennes ou Limoges. Alors que l'on compterait en moyenne entre 1,5 et 2 rats par habitant dans la cité phocéenne, soit 1,2 à 1,6 million de spécimens au total, un éleveur de furets venu du Gers est appelé en renfort. "On procède à de nombreuses opérations de dératisation en extérieur, mais c’est complexe parce que l’utilisation des boîtes installées par exemple dans les parcs et jardins est très encadrée par les directives européennes", confie une élue marseillaise au quotidien, justifiant d'opter pour une nouvelle approche.

L'éleveur, qui possède environ 25 furets, explique en détails la manière dont il procède : "Quand on a fait le diagnostic d’un lieu infesté, qu’on a déterminé à peu près le nombre de spécimens présents et localisé les galeries dans lesquelles ils se cachent, on installe des filets à la sortie de chaque galerie", relate-t-il. C'est alors qu'on "lâche deux ou trois furets", avant de capturer "les rats qui les fuient". Ces derniers sont placés "dans une cuve opaque pour limiter leur stress et leur souffrance", puis euthanasiés avec du gaz carbonique. "On est contraint de refaire l’opération 48 heures plus tard, parce que les furets dorment jusqu’à 18 heures par jour et se fatiguent vite", lance le spécialiste, selon qui "cela permet au final d’éliminer 95% des rats du secteur visé..."

À Toulouse, où les furets ont déjà été utilisés, on vante une méthode efficace, mais qui ne peut pour autant pas résoudre à elle seule le problème. Une "technique complémentaire", selon la Ville, en particulier pour les lieux où la dératisation classique est délicate à mettre en place. Du côté de Marseille, une quinzaine de sites "particulièrement infestés" seraient d'ores et déjà listés, "notamment près d’écoles" indique La Provence. Des sites sur lesquels l'éleveur est censé se rendre en novembre afin d'établir son diagnostic. 

L'utilisation du furet, prédateur naturel du rat, est ancestrale. Si elle a fait ses preuves par le passé, elle présente néanmoins quelques limites, à commencer par le fait de n'être pas utilisable en intérieur. "Dans des lieux clos, le rat parvient à se faufiler dans des faux plafonds ou derrière du placo et le risque de perdre le contact avec mes précieux partenaires, qui forcément les suivraient à la trace, est trop grand", estime l'éleveur. À défaut de résoudre à lui seul le problème des rats à Marseille, il pense toutefois être en mesure de réduire leur prolifération de façon significative.


Thomas DESZPOT

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