Pédocriminalité dans l'Église : un phénomène d'ampleur

Abus sexuels dans l'Église : un accord diocèses-parquets pour faciliter la transmission des signalements

M.L (avec AFP)
Publié le 18 mars 2022 à 23h17
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'évêque et la procureure de Versailles ont signé un protocole permettant à la justice de recevoir plus facilement des dénonciations d'infractions sexuelles commises dans le cadre de l'Église.
Cet accord ne modifie pas la procédure judiciaire, mais permet de "tracer davantage" ces dossiers sensibles.

La décision entend répondre à une lourde problématique soulevée par le rapport Sauvé, qui a révélé, en octobre dernier, l'ampleur de la pédocriminalité dans l'Église catholique et ébranlé l'institution. L'évêque et la procureure de Versailles ont signé, ce vendredi 18 mars, un protocole pour faciliter la transmission à la justice de dénonciations reçues par le diocèse, d'infractions sexuelles commises par des membres du clergé, des religieux ou encore des laïcs. 

Les diocèses s'engagent ainsi à transmettre les signalements, tandis que les parquets assurent qu'ils diligenteront les enquêtes dans les plus brefs délais. Le texte a été signé par une vingtaine de diocèses sur les 98 que compte l'Hexagone. Estimant que 216.000 personnes avaient été victimes de clercs ou religieux depuis 1950, le rapport Sauvé avait dénoncé les "silences" et les "défaillances" de l'Église catholique face aux actes de pédocriminalité commis en son sein, estimant même qu'ils présentaient un "caractère systémique".

"On essaie d'être dans la lumière, la transparence, la justice"

"Par rapport à une époque où, dans l'Église, ces questions étaient vraiment, parfois, laissées sous le tapis, (...) aujourd'hui on essaie d'être dans la lumière, dans la transparence, dans la justice", a déclaré lors de la signature Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles et également président, depuis six ans, du conseil pour la prévention de la lutte contre la pédocriminalité dans l'Église catholique. 

Le diocèse de Versailles réalisait déjà "un travail étroit" avec la justice, note-t-il, mais ce protocole vise à "dépasser la relation interpersonnelle de l'évêque et du procureur" pour "entériner un cadre opérationnel". "Les maîtres-mots sont la durée, car il faut que les 'process' soient inscrits de manière institutionnelle, et puis la confiance", a abondé la procureure de Versailles, Maryvonne Caillibotte.

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Ce protocole ne change pas concrètement la procédure judiciaire, relève la procureure, mais il permettra toutefois à la justice de "tracer davantage" ces dossiers sensibles. Le rapport Sauvé avait préconisé de "généraliser" ces protocoles. Un groupe de travail parlementaire qui a examiné les suites à apporter au rapport a jugé, mi-février, "pertinent" de les rendre "obligatoires".

Depuis novembre, un numéro d'écoute et d'accompagnement de la fédération France Victimes a également été ouvert aux victimes de violences sexuelles commises dans l'Église, après la signature de conventions avec la Conférence des évêques et les congrégations religieuses : le 01.41.83.42.17.


M.L (avec AFP)

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