Impliqué dans un très violent accident de la route, Pierre Palmade avait auparavant consommé de la drogue.
Un fait divers tragique qui rappelle l'impact majeur des stupéfiants sur la conduite des automobilistes.
Les drogues sont toujours associées à une hausse des risques encourus, en particulier lorsqu'elles sont accompagnées d'alcool.

Alors que l'enquête portant sur l’accident routier impliquant Pierre Palmade cherche à faire la lumière sur le déroulement des faits, il apparaît selon les premiers éléments rapportés que l'humoriste avait consommé de la drogue avant de prendre le volant. 

Un facteur de risque majeur lorsque l'on prend la route, comme le note la Sécurité routière. Et ce, quelle que soit la substance.

Drogues différentes, effets multiples

D'une drogue à l'autre, les "effets" sur le corps varient. Logiquement, le comportement des automobilistes sous l'emprise de stupéfiants subit un impact différent en fonction des substances, mais les spécialistes de la santé s'accordent sur un point : quelle que soit la drogue, les capacités cognitives d'un individu se trouvent altérées. 

Certains produits conduisent à un effet euphorisant ou renforcent le sentiment d'énergie et d'acuité mentale de ceux qui consomment. C'est le cas de la cocaïne, des amphétamines, mais aussi des méthamphétamines ou de l’ecstasy (MDMA). Peu après une prise, les usagers de ces drogues sont sujets à des comportements impulsifs, ou à une forme de distraction. La lucidité et la perception de l'environnement diminuent, si bien que l'on observe un risque accru de comportements dangereux comme la vitesse excessive. 

Une lucidité moindre peut également se traduire par des mouvements brusques du véhicule sur la chaussée ou des dépassements hasardeux, malgré un manque de visibilité. Le sentiment de toute puissance que peuvent provoquer ces substances brouille la perception des risques et multiplie de fait les comportements dangereux.

Le cannabis, quant à lui, est le plus souvent consommé pour procurer une sensation de détente, de relaxation. Corollaire direct, il "entraîne une somnolence, ralentit la coordination des mouvements, allonge le temps de réaction et diminue les facultés visuelles et auditives". Le temps de réaction, essentiel pour parvenir à réagir à temps dans une situation dangereuse, est rallongé. 

Une dernière grande catégorie de drogues, aux effets hallucinogènes, multiplie aussi les dangers. Le LSD, la mescaline ou les psilocybes (souvent appelés "champions hallucinogènes") altèrent non seulement l'attention, mais troublent aussi la perception de l'environnement. Il devient dès lors plus délicat de prendre conscience de la dangerosité potentielle d'une situation. La modification du champ visuel est commune à une majorité de drogues, avec un impact tout particulier sur la vision latérale. Un danger venant de l'extérieur de la chaussée (animal, piéton qui s'avance sur la voie) devient ainsi beaucoup plus difficile à percevoir et donc à éviter.

Drogue et alcool, un "cocktail" à éviter absolument

La Sécurité routière, qui met régulièrement en garde contre les effets des drogues au volant, souligne qu'un "conducteur testé positif au cannabis multiplie par 1,65 son risque d’être responsable d’un accident mortel". Elle note aussi qu'un "accident mortel sur cinq implique un conducteur positif aux stupéfiants". Une part qui "passe à un accident sur trois, la nuit au cours des week-ends". Chaque année, on compte en moyenne 700 personnes tuées sur les routes dans un accident impliquant un conducteur ayant consommé des drogues. 

Ajoutons que "parmi les conducteurs positifs aux stupéfiants impliqués dans un accident mortel, la moitié présente également un taux d’alcool supérieur à 0.5 g/l". Un facteur de risque supplémentaire puisque "le cocktail drogues/alcool multiplie par 29 le risque d’avoir un accident mortel", selon le professeur de médecine spécialisé en addictologie et président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) Nicolas Simon. Se cumulent en effet "des effets des sentiments de puissance et désinhibition, conjugués à l’amoindrissement des réflexes".

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Thomas DESZPOT

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