Affaire Karachi : la justice va enquêter sur Balladur et Léotard

Le service METRONEWS
Publié le 23 juin 2014 à 13h32
Affaire Karachi : la justice va enquêter sur Balladur et Léotard

JUSTICE - La Cour de justice de la République va enquêter sur le rôle joué par l'ancien chef du gouvernement Edouard Balladur et son ministre de la Défense François Léotard dans le tentaculaire dossier Karachi.

L'étau se resserre autour d'Edouard Balladur et François Léotard dans la tentaculaire affaire Karachi. La Cour de justice de la République (CJR) a en effet décidé d'enquêter sur le rôle joué par l'ancien chef du gouvernement et son ministre de la Défense. La commission d'instruction va se pencher sur les rétrocommissions provenant des contrats d'armement susceptibles d'avoir financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Concernant ce dernier, elle va également étudier d'éventuels détournements indus des fonds secrets de Matignon, a précisé une source judiciaire à l'AFP.

"Affaire d'Etat considérable"

Les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire, en charge du volet financier du dossier, avaient demandé en février dernier la saisine de la Cour de justice. Depuis trois ans, les deux magistrats soupçonnent un financement occulte de la campagne de Balladur, au moyen de rétrocommissions versées en marge des contrats d'armement "Agosta" et "Sawari II" conclus avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite en 1994 par le gouvernement français. Six personnes ont déjà été renvoyées en correctionnelle parmi lesquelles des proches des deux protagonistes, à savoir l'ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire, et l'ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres. Durant les investigations, les enquêteurs s'étaient également intéressés aux conditions d'acquisition par l'ex-Premier ministre d'une villa à Deauville (Calvados) et à des travaux effectués dans sa propriété de Fréjus par François Léotard.

Pour Me Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi en mai 2002, à l'origine de l'affaire, cette décision judiciaire "démontre à l'évidence que nous sommes bien en présence d'une affaire d'Etat considérable, l'une des plus graves depuis le début de la Ve République, visant notamment l'ancien Premier ministre pour détournement de fonds publics". 
 


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