La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Dans les stations de ski privées de remontées mécaniques, l’heure est à l’incompréhension

La rédaction de LCI
Publié le 26 novembre 2020 à 18h04
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

L'essentiel

RÉACTIONS – Pour les professionnels du secteur de la montagne, maintenir fermées les remontées mécaniques pour les vacances de Noël est une aberration.

Noël ne ressemblera à aucun autre, c’est certain, et en particulier dans les stations de ski. Celles-ci se disaient pourtant prêtes à rouvrir, avec un protocole sanitaire renforcé par le déploiement de tests antigéniques, et attendaient de pied ferme de pouvoir accueillir des vacanciers en cette fin d’année. Ce jeudi 26 novembre, Jean Castex a annoncé que les stations de sport d’hiver pourraient rouvrir, rectifiant ainsi les propos d’Emmanuel Macron deux jours plus tôt, mais pas les remontées mécaniques ni les autres équipements collectifs, les privant ainsi de leurs principales recettes. Et puisque les restaurants seront toujours fermés, et ce jusqu’au 20 janvier au moins, les Français devront se contenter de "l’air pur de nos belles montagnes", selon les dires du Premier ministre, et des commerces qui seront eux bien ouverts au public.

Pour le secteur, qui enregistre environ 13% de sa fréquentation à Noël, c’est la douche froide. "Tout notre travail a été balayé d’un revers de main", a déploré à l’AFP Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France, après les détails fournis par Jean Castex. "C’est une aberration car c’est une activité de plein air !" L’argument principal du gouvernement est qu’"il ne serait pas prudent de laisser se rassembler des flux différents" dans les stations, compte tenu de "la situation épidémique et des hôpitaux dans les régions concernées". Une tribune des élus et professionnels du secteur a été changée en pétition après les précisions de Jean Castex. Intitulée "cet hiver, je skie !", elle récoltait ce jeudi soir plus de 2 000 signatures. 

Les professionnels du ski y expriment leur incompréhension de ne pas avoir été prévenus par le chef du gouvernement, qui les a rencontrés le 23 novembre dernier, et disent leur motivation d'ouvrir à cette période "parce que les vacances de Noël représentent entre 20% et 25% des recettes d’une saison qui ne se déroule que sur à peine plus de quatre mois dans l’année pour la très grande majorité des sites et donc pour laquelle chaque semaine compte". "Il faut nous dire clairement qu’on veut tuer les stations !", a réagi auprès de l’AFP Jean-Luc Boch, président de l’Association des maires de stations de montagne et de France Montagnes, pour qui une décision pareille est "totalement incompréhensible". Ce dernier a d’ailleurs demandé un rendez-vous au Premier ministre la semaine prochaine : "On va arrêter de se faire massacrer en se taisant. On ne va rien lâcher !"