Après l'attentat de Nice, la saison touristique fortement compromise

par Nicolas VANEL
Publié le 17 juillet 2016 à 18h18
Après l'attentat de Nice, la saison touristique fortement compromise

ECONOMIE – L'attentat perpétré le 14 juillet à Nice a frappé l'une des destinations françaises les plus prisées. D'ores et déjà, les conséquences pour le tourisme, un secteur d'activité majeur dans la région, se font ressentir.

Déjà durement touché par les attentats à Paris en 2015, le tourisme connaît un nouveau coup dur avec l'attentat de Nice. Les professionnels du secteur doivent aujourd'hui gérer les désistements d'un nombre important de clients. Les hôteliers niçois ont d'ailleurs décidé d'accepter les annulations sans frais jusqu'au 31 juillet. 

Pour cette destination particulièrement prisée en période estivale, la deuxième la plus fréquentée de France après Paris, le coût économique de cette terrible attaque s'annonce déjà élevé. Selon les données de la Chambre de commerce de Nice Côte d'Azur, la région a accueilli 11 millions de visiteurs en 2014 et enregistré quelque 68 millions de nuitées touristiques. Parmi celles-ci, 41,8% l'ont été à Nice.

Des conséquences à moyen terme

"On va vivre un été difficile, mais il y aura aussi un automne difficile et un hiver compliqué parce que nous n'avons pas le même taux de fréquentation qu'en région parisienne en hiver", a d'ores et déjà prévenu Denis Cippolini, le président des hôteliers de Nice. "La saison touristique est hypothéquée", juge de son côté Denis Zanon, directeur de l’Office du tourisme de Nice, interrogé par 20 Minutes . "Les hôtels enregistrent de nombreuses annulations, confirme le responsable, qui précise que deux paquebots de touristes américains ne feront finalement pas escale dans la ville voisine de Villefranche-sur-Mer.

Les conséquences de l'attentat du 14 juillet en terme de fréquentation touristique ne se sont en effet pas fait attendre. Ainsi, le concert de Rihanna, qui devait se dérouler le vendredi soir et auquel étaient attendues 60.000 personnes, a été annulé, et avec lui une partie des réservations de chambres de spectateurs. Le lendemain du drame, un réceptionniste de l'hôtel Best Western, situé près de l'avenue commerciale Jean-Médecin, indiquait à l'AFP que 30% des réservations avaient été annulées pour le vendredi et 20% pour les jours suivants.

Les clients solidaires

Pour le spécialiste Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, cité par l'agence, ce nouvel attentat "va avoir un impact conséquent à court terme, mais encore plus à moyen terme". Il estime que la rentabilité des hôtels devrait "chuter d'environ 25%" en raison de la baisse de fréquentation de clients étrangers à fort pouvoir d'achat.

Pour autant, certains établissements contactés dimanche par metronews se montrent rassurants sur leur activité. Sur les hauteurs de Nice, Le Petit Palais, un établissement 4 étoiles, note certes "quelques annulations et un ralentissement dans le rythme des réservations, mais pas d'annulations massives, encore moins pour les semaines à venir." Philippe, le chef de la réception, tient d'ailleurs à souligner la solidarité des clients et des touristes étrangers, habitués de l'hôtel, qui n'ont pas hésité à adresser un mot de sympathie aux équipes. "Nos clients ont maintenu leur séjour. Une dame vient même de réserver pour le 14 juillet de l'année prochaine", précise le réceptionniste.

"Enormément d'annulations"

Même son de cloche du côté d'un palace niçois situé sur la promenade des Anglais. Pour sa chargée de communication, qui gère également l'établissement parisien du groupe, le nombre d'annulations n'est pas significatif. "L'impact est même sans commune mesure avec la situation de notre hôtel parisien après les attentats du 13 novembre", nous explique la responsable.

Cependant, d'autres établissements de la ville, moins prestigieux, s'avèrent d'ores et déjà durement touchés par les défections. La gérante d'un petit hôtel 3 étoiles du centre-ville déplore ainsi auprès de metronews "énormément d'annulations", et ce pas seulement ce week-end mais "pour toutes les dates à venir. "On était pratiquement complet, on ne l'est plus", lâche-t-elle, soucieuse.

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Nicolas VANEL

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