Après les dauphins en Inde, un singe reconnu comme "personne non humaine" en Argentine

Le service METRONEWS
Publié le 23 décembre 2014 à 11h47
Après les dauphins en Inde, un singe reconnu comme "personne non humaine" en Argentine

DROITS DES ANIMAUX – La femelle orang-outan Sandra a le droit de vivre en liberté car elle est une "personne non humaine ", a décidé un tribunal de Buenos Aires. L'an dernier, l'Inde avait accordé aux dauphins un statut similaire.

En France, les animaux ont récemment été reconnus comme étant des "êtres vivants doués de sensibilité". Leur cause vient de franchir un autre pas de l'autre côté de l'Atlantique. Sandra, une femelle orang-outan vivant au zoo de Buenos Aires depuis vingt ans, sera désormais considérée comme "une personne non humaine" et aura donc le droit de vivre en liberté, a décidé un tribunal argentin.

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La Chambre de cassation pénale de la capitale du pays a en effet décidé d'appliquer une ordonnance d'Habeas Corpus (le droit de ne pas être emprisonné sans jugement) à l'animal, considérant ainsi que, même s'il ne s'agit pas d'un être humain, il a des sentiments et le droit à une plus grande liberté. Sandra, bientôt trentenaire, est "une personne non humaine car elle a des liens affectifs, elle réfléchit, elle ressent, elle se frustre d'être enfermée, elle prend des décisions, elle est dotée de conscience et de perception du temps, elle pleure quand elle perd (un proche), elle apprend, elle communique et elle est capable de transmettre son savoir", a fait valoir l'Association de fonctionnaires et avocats pour les droits des animaux (AFADA), à l'origine de l'action en justice.

Destination inconnue pour Sandra

On ne sait pas encore où vivra désormais l'orang-outan. Légalement, le grand singe peut désormais recouvrer la liberté, mais les experts estiment qu'il ne connaît pas son habitat naturel et ne pourrait pas y survivre. Le zoo a lui indiqué que, même avant ce jugement, il étudiait déjà la possibilité de la transférer dans un sanctuaire naturel au Brésil ou aux États-Unis.

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Cette décision en Argentine fait écho à celle prise il y a un an par le gouvernement indien. Celui-ci avait en effet conféré aux dauphins ce statut de "personnes non humaines". Ce qui signifiait que ces cétacés ne pouvaient plus être maintenus captifs, interdisant ainsi les delphinariums dans tout le pays. En 2008, l'Espagne avait de son côté été le premier pays au monde à reconnaître des "droits humains" aux grands singes, nos "frères" chimpanzés et bonobos.
 


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