Les premières annonces du gouvernement relatives à sa réforme des bourses étudiantes peinent à convaincre chez LFI.
Le député Louis Boyard juge très insuffisantes les mesures annoncées.
La moitié des bénéficiaires des Restos du cœur ont moins de 25 ans, assure-t-il. Un chiffre bien réel, même s'il surprend.

Mobilisé contre la réforme des retraites, le député de la France insoumise Louis Boyard a pris position au sujet de la revalorisation des bourses étudiantes annoncée par la ministre de l'Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau. "Augmenter de 37 euros", lance-t-il, revient à proposer "des miettes face aux ravages de la précarité étudiante". Il liste alors une série de chiffres pour illustrer le besoin de soutien majeur aux plus jeunes qu'il appelle de ses vœux. "La moitié des bénéficiaires des 

Restos du cœur ont moins de 25 ans", déplore par exemple l'élu du Val-de-Marne.

Pour vérifier le chiffre avancé par Louis Boyard, il faut se pencher sur les éléments fournis au cours des dernières semaines par les Restos du cœur, et plus précisément sur une interview au journal Le Parisien de son président, Patrice Douret. Ce dernier, le 3 mars, a fait un point d'étape quelque 13 semaines après le lancement de la campagne annuelle des Restos. Et le constat est sans appel : on observe en effet "une évolution grave, rapide et inédite de la précarité, avec 22% de personnes supplémentaires qui ont besoin de nous par rapport à la même période l’an dernier", assure Patrice Douret. "Par endroits, c’est même 30%."

La moitié des bénéficiaires ont entre 0 et 25 ans

Au cours des premières semaines d’hiver, les Restos ont dénombré "160 000 personnes de plus à avoir besoin d’une aide alimentaire pour survivre". Le président de l'association fait ensuite référence au chiffre repris par Louis Boyard, puisqu'il explique que "dans l’ensemble, la moitié a moins de 25 ans". Mais ce chiffre englobe tous les jeunes, et pas seulement les étudiants. "Il y a beaucoup de familles et d’enfants", précise ainsi Patrice Douret, notant par exemple que les bébés sont de plus en plus nombreux : "Les 0 à 3 ans étaient 110 000 en début de cette campagne, c’est 16 % de plus en un an."

S'agissant des étudiants, les difficultés s'expliquent en bonne partie par la hausse du coût de la vie. À la rentrée de septembre 2022, il était en progression de 6,47% par rapport à la rentrée 2021, selon l'Union nationale des étudiants de France (Unef).  La Fédération des associations générales étudiantes (Fage), quant à elle, évaluait la hausse à 7,38%.

L'association COP1-Solidarités étudiantes, qui a publié son enquête annuelle au sujet des étudiants en situation de précarité, notait que parmi ses bénéficiaires, 56% confiaient en 2022 ne pas manger à leur faim de façon régulière. "Par ailleurs, 85% des étudiantes et étudiants sondés ont déjà sauté un repas par manque d’argent", apprenait-on. Si le logement demeure le premier poste de dépense des jeunes, l'alimentation se révèle également très coûteuse. En période de forte inflation (15% environ sur un an), elle peut malheureusement constituer un variable d'ajustement dans les budgets.

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Thomas DESZPOT

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