Besançon : ils s'assoient dans la rue pour protester contre un arrêté anti-mendicité

La rédaction de LCI
Publié le 20 août 2018 à 8h21
Besançon : ils s'assoient dans la rue pour protester contre un arrêté anti-mendicité

Source : AFP

PROTESTATION - Un sit-in a été organisé samedi 18 août, à Besançon, pour dénoncer un arrêté municipal en vigueur depuis le 9 juillet interdisant la "mendicité accompagnée ou non d'animaux", mais aussi "la consommation d'alcool, les regroupements et la station assise ou allongée" entravant la circulation publique.

"La consommation d'alcool, la mendicité accompagnée ou non d'animaux, les regroupements ainsi que la station assise ou allongée lorsqu'elle constitue une entrave à la circulation publique sont interdites". Ce texte, révélé par le quotidien L'Est Républicain, est tiré de l'arrêté municipal approuvé en toute discrétion le 3 juillet par la mairie de Besançon et mis en place depuis le 9 juillet jusqu'au 30 septembre. Durant les fêtes de Noël, la mesure reprendra effet du 23 novembre au 31 décembre. 

En clair, il s'agit d'un arrêté communément appelé anti-mendicité, déjà en vigueur dans certaines villes (Montpellier, Nice, Chartres, La Roche-sur-Yon et la Rochelle) en France. L'arrêté pris par l'équipe municipale s'applique dans un périmètre limité, le centre-ville particulièrement, à des périodes et des heures bien précises, du lundi au samedi de 10h à 20h. En cas d'infraction constatée par les services de police, tout contrevenant est passible d'une amende de 38 euros.  

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"Marre de la chasse aux pauvres"

En réponse à cette mesure, environ 200 manifestants se sont rassemblés samedi 18 août place Pasteur pour protester contre l'arrêté anti-mendicité, selon nos confrères de L'Est Républicain. Un sit-in, sous le slogan "Je suis assis(e)", a été organisé. "Marre de la chasse aux pauvres ! On ne combat pas la pauvreté et la misère en la mettant sous le tapis", a dénoncé sur Facebook le collectif qui appelait à cette manifestation. Sur les réseaux sociaux, des photos de l'événement ont été partagées. 

Le bilan de la mesure étudié en fin d'année

Pour sa part, le maire LaREM Jean-Louis Fousseret a justifié cette mesure en affirmant, à France 3 Bourgogne, qu'il "fait suite à une demande très forte des commerçants, des habitants du centre-ville, des personnes âgées. Des gens ne peuvent plus rentrer chez eux à cause des rassemblements devant leurs portes d'entée". Il a d'ailleurs regretté "l'augmentation des phénomènes de mendicité quelques fois agressive", précisant que le bilan de l'arrêté sera épluché à la fin de l'année. 

Un changement de position radical pour l'élu bisontin, qui avait exprimé son désaccord avec de tels arrêtés anti-mendicité pas plus tard qu'en 2011. Sur les réseaux sociaux, un internaute (@lebisonteint) a d'ailleurs exhumé un texte du temps où Jean-Louis Fousseret estimait qu'il ne fallait "pas ajouter de l'exclusion à l'exclusion". "Ce que je veux moi, ce n'est pas combattre les pauvres, je veux lutter contre la misère, ce qui est différent. (...) Ce serait un échec dramatique, je dis bien dramatique, de notre modèle républicain, de légiférer contre la mendicité. Il faut trouver des solutions", écrivait-il.

Interrogé par LCI sur cette question des mesures anti-mendicité en 2015, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, estimait à "plusieurs dizaines" le nombre de villes interdisant de faire la manche sur leur trottoir.


La rédaction de LCI

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