Besançon : l'adolescente bosniaque tondue par sa famille va être placée sous protection judiciaire

TG avec AFP
Publié le 3 septembre 2020 à 9h05
Besançon : l'adolescente bosniaque tondue par sa famille va être placée sous protection judiciaire

Source : iStock

FAIT DIVERS - Une adolescente musulmane bosniaque a été frappée et tondue par sa famille à Besançon au motif qu'elle fréquentait un chrétien d'origine serbe. Elle va bénéficier d'une protection judiciaire, a déclaré mercredi le parquet.

Ils ne voulaient pas que leur fille se marie avec un chrétien d'origine serbe : c'est la raison pour laquelle une adolescente d'origine bosniaque avait été tondue et battue par sa famille, il y a deux semaines, à Besançon. La jeune fille doit prochainement être placée sous protection judiciaire, a fait savoir mercredi soir la justice.

La jeune fille de 17 ans a été placée sous la protection du service de l'aide sociale (ASE) à l'enfance. "Elle ne retourne pas chez ses parents et si une mesure de reconduite à la frontière est ordonnée, elle ne sera pas concernée, contrairement à ses frères", selon le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. Ce dernier, qui a entendu les deux parties, a noté que les parents ont soutenu que "les violences sur leur fille avaient été commises par son petit ami, ce qu'elle conteste". L'adolescente a en revanche maintenu "qu'elle s'était fait battre par ses parents, qu'elle avait peur et qu'elle voulait être protégée".

Une côte cassée et de nombreux hématomes

Ses parents, son oncle et sa tante ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant leur procès à l'automne à Besançon pour "violences sur mineur en présence de mineurs et en réunion". Ils avaient été interpellés mi-août par la police, alertée par le petit ami de l'adolescente, après l'avoir rouée de coups et lui avoir tondu les cheveux. Elle présentait notamment une côte cassée et de nombreux hématomes. Arrivés de Bosnie-Herzégovine en 2017, ils n'acceptaient pas qu'elle veuille se marier avec le jeune homme de 20 ans, qui habite dans le même immeuble à Besançon.

Après avoir été définitivement déboutés du droit d'asile en décembre 2019, les parents de l'adolescente faisaient l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Parents de cinq enfants, ils avaient alors demandé à bénéficier d'une aide au retour volontaire, mais la procédure s'était arrêtée avec l'épidémie causée par le coronavirus et la fermeture des frontières. "Dès la fin de la procédure judiciaire, ils seront reconduits à la frontière car ils n'ont rien à faire sur le sol national", avait tweeté le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, au sujet de la famille.


TG avec AFP