Vers un bonus-malus pour les vêtements de la "fast fashion" : 5 chiffres pour comprendre leur impact écologique

par M.D.
Publié le 4 mars 2024 à 18h55

Source : JT 20h WE

Une proposition de loi visant à instaurer un système de bonus-malus pour l'achat de vêtements doit être débattue prochainement à l'Assemblée nationale.
L'idée est d'instaurer un surcoût à l'achat de 5 à 10 euros pour les produits vendus à très bas coût sur internet, ce qu'on appelle la "fast fashion".

La mode passe... mais son empreinte carbone reste. Les députés du groupe Horizons défendront le 14 mars prochain une proposition de loi qui vise à pénaliser financièrement les enseignes et les plateformes de vente en ligne d'"ultrafast fashion", qui, l'instar de Shein ou Temu, proposent une quantité innombrable de vêtements à bas prix et de moindre qualité, pour la plupart importés d'Asie.

 L'objectif est de "réduire l'impact environnemental de l'industrie textile", en mettant en place une meilleure information à destination des consommateurs, tout en interdisant la publicité pour les entreprises et produits relevant de cette mode éphémère.  Aujourd'hui, une personne achète 40 % de vêtements en plus qu’il y a 15 ans en moyenne et les conserve moitié moins longtemps. 

Le texte qui sera débattu propose de moduler "l'écocontribution" versée par les sociétés en fonction de leur impact environnemental, afin de réduire l'écart de prix entre les produits issus de la "fast fashion" et ceux issus de filières plus vertueuses. De quoi limiter le bilan carbone de cette industrie qui figure parmi les plus polluantes et énergivores. Voici 5 chiffres pour comprendre l'impact écologique de la "fast fashion".

100 milliards

C’est le nombre de vêtements qui sont vendus chaque année dans le monde, selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (Ademe), qui précise que la production a doublé entre 2000 et 2014. Rien qu’en France, environ 3,3 milliards de vêtements ont été mis sur le marché en 2022, soit l'équivalent de plus de 48 vêtements par habitant, soulignait l'ONG Les Amis de la Terre dans une enquête parue l'an dernier.

900 fois

C’est la quantité de vêtements que l’enseigne Shein a mis sur le marché en mai 2023 en comparaison  à une enseigne française traditionnelle. Pas moins de 7200 nouvelles références ont été ajoutées chaque jour sur la plateforme du géant chinois du prêt-à-porter, selon un décompte réalisé par Les Amis de la Terre.

4 milliards de tonnes de CO2

Ce sont les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie textile (vêtements et chaussures) au cours d’une année, selon l'Ademe. Si les tendances actuelles de consommation se poursuivent, à l’horizon 2050, le secteur comptabilisera plus d’un quart (26%) des émissions globales de GES.

240.000 tonnes

C’est la quantité de microparticules plastiques qui sont relâchés dans la nature chaque année, soit l’équivalent de 24 milliards de bouteilles en plastique. Les vêtements en matière synthétique relâchent des microfibres plastiques à chaque lavage. 

70 douches d’eau

C’est la quantité d’eau utilisée dans la fabrication d’un t-shirt en coton. Le textile est le troisième secteur qui consomme le plus d’eau à l’échelle mondiale, après la culture de blé et de riz, toujours selon l'Ademe.


M.D.

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