Bordeaux : une épicerie musulmane condamnée pour discrimination envers les femmes

Publié le 25 avril 2016 à 22h32
Bordeaux : une épicerie musulmane condamnée pour discrimination envers les femmes

DISCRIMINATION - L'ex-responsable d'une épicerie musulmane bordelaise avait voulu instaurer des jours d'ouverture différents en fonction des sexes dans son établissement, pour que les hommes et les femmes ne s'y croisent pas. Il a été condamné ce lundi à deux mois avec sursis et 500 euros d'amende.

"Les frères : lundi, mercredi, jeudi… vendredi. Les sœurs : mardi, samedi, dimanche". Ces quelques mots écrits à la main sur la devanture de son épicerie musulmane, à Bordeaux, ont valu à son ancien gérant deux mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende.

Jean-Baptiste Michalon, 25 ans, a été condamné ce lundi par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour "provocation à la haine ou à la violence, discrimination et subordination d’un bien ou d’un service, le tout en raison du sexe", rapporte Le Monde . "La République ne peut tolérer de telles discriminations", avait déclaré le vice-procureur Marc Ottomani, requérant deux mois avec sursis et 750 euros d'amende. 

Vive polémique en juin 2015

La polémique avait éclaté en juin 2015 lorsque cet homme, originaire de Soissons et fraîchement converti à l'islam, avait décidé d'instaurer des jours d'ouverture pour les femmes, et d'autres pour les hommes, dans son épicerie "De l'Orient à l'Occident", située dans le quartier populaire bordelais de Saint-Michel.

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"On n'a jamais vu ça même à l'époque du prophète", s'était ému l'imam bordelais Tareq Oubrou. Face à la multiplication des réactions indignées, le maire de Bordeaux Alain Juppé avait appelé "les autorités" judiciaires à se saisir "de ce dossier pour faire cesser de telles pratiques discriminatoires".

Son avocat plaidait la relaxe

Reconnaissant une "bourde", ce lundi à la barre, Jean-Baptiste Michalon, devenu Yahya à sa conversion en 2012, a expliqué qu'il ne "s’attendait pas" à l'ampleur de la polémique, raconte Le Monde, qui a assisté aux débats. Depuis, le prévenu a perdu son épicerie, sa femme et a même été menacé de mort, à plusieurs reprises. 

"Le contexte actuel de stigmatisation de la religion musulmane joue beaucoup dans ce dossier", a plaidé l'avocat du prévenu, Me Tristram Heliot, demandant la relaxe de son client."Il n’y a pas d’élément matériel : il n’y a pas eu de plainte, personne ne s’est estimé victime", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que la pancarte décriée avait été très vite retirée. L'ex-épicier risquait jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.


La rédaction de TF1info

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