200 élus demandent un référendum pour réunifier la Bretagne

La rédaction de TF1info (avec AFP)
Publié le 18 février 2022 à 21h04
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Aux côtés d'un millier d'associations, 200 élus ont appelé les candidats à l'élection présidentielle à proposer un référendum pour que le département de la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne.
En 2018, plus de 105.000 signataires demandaient dans une pétition "une consultation de la population" sur le sujet.

La demande était formulée depuis plusieurs années déjà : plus de 200 élus de tous bords politiques et un millier d'associations ont demandé vendredi aux candidats à la présidentielle de s'engager à organiser un référendum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. 

"Nous vous demandons de vous engager à enclencher, en tant que président de la République, le processus législatif qui permettra aux électeurs de Loire-Atlantique de voter en 2024 sur leur souhait, ou non, de rejoindre la Région Bretagne", écrivent les signataires, parmi lesquels on compte plusieurs fédérations culturelles ainsi que le réseau "Produit en Bretagne", qui rassemble 475 entreprises.

"Il est temps aujourd'hui de solder cette question"

"Nous ne demandons pas la lune, nous souhaitons simplement l’organisation d'un vote !", ajoutent-ils, en rappelant qu'une pétition en ce sens avait recueilli 105.000 signatures d'électeurs de Loire-Atlantique en 2018 (plus de 10% des inscrits). De nombreuses collectivités se sont également prononcées en faveur de cette consultation : conseil départemental de Loire-Atlantique, conseil régional de Bretagne, villes de Nantes, Rennes, Brest, Vannes, etc.

La Loire-Atlantique appartient actuellement à la région Pays de la Loire. "Cela fait 50 ans que le débat sur la réunification de la Bretagne perdure. Il est temps aujourd'hui de solder cette question de façon démocratique", a souligné auprès de l'AFP Christophe Prugne, président de l'association "A la Bretonne", à l'origine de l'initiative.

Il promet "une série d’actions interpellant les candidats pour obtenir des engagements fermes sur l’organisation d’un vote". Un drapeau breton de 1.400 m² doit notamment être déployé dimanche matin face au château des Ducs de Bretagne, à Nantes. Parmi les signataires de la lettre ouverte, figurent entre autres le député LR Marc Le Fur, la maire PS de Paimpol Fanny Chappé, la conseillère régionale EELV Claire Desmares, le député LREM Yannick Kerlogot ou le président LR du conseil départemental du Morbihan David Lappartient.

Une demande de longue date

Ce n'est pas la première fois que cette perspective de ralliement refait surface. En 2014 déjà, cet espoir de réunification avait mobilisé des milliers de partisans dans les rues de Nantes, avant un premier coup de frein lors du redécoupage des régions sous François Hollande en 2015, qui avait n'avait pas donné raison aux protestataires. Mais en 2018, une pétition "pour obtenir une consultation de la population sur la réunification de la Loire-Atlantique à la Bretagne" rassemblait plus d'une centaine de milliers de signatures. 

En décembre 2020, le drapeau breton, le "Gwenn ha du", avait flotté devant la mairie de Nantes, avant que 150 élus ne demandent à Emmanuel Macron, dans une tribune publiée un mois plus tard, en janvier 2021, "d'engager le processus législatif qui permettra dans un premier temps de consulter par référendum les électeurs de Loire-Atlantique sur leur souhait, ou non, de rejoindre la région Bretagne"

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Plus récemment, des amendements portés par des sénateurs de Loire-Atlantique, qui ouvraient déjà la porte à un rattachement avec la Bretagne, avaient été rejetés par le Sénat en juillet dernier, dans le cadre du projet de loi décentralisation. Ces amendements visaient à rendre obligatoire une consultation par l’État des électeurs d’un département, lorsque au moins un dixième d'entre eux demandent leur rattachement à une autre région. 

En Loire-Atlantique, "ce sont 105.000 citoyens qui demandent une consultation", avait alors affirmé l'un des sénateurs qui portaient le texte, Ronan Dantec, du groupe écologiste. Il avait regretté "le refus absolu du gouvernement d'entrer dans ce débat", estimant qu'il s'agissait là d'"un vrai tabou français"


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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