VIDÉO - Brexit : des embouteillages interminables sur l'autoroute A16 vers le Royaume-Uni

Léa LUCAS
Publié le 10 décembre 2020 à 23h28, mis à jour le 13 décembre 2020 à 7h55
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Source : TF1 Info

TRAFIC - Depuis plusieurs semaines, les véhicules circulent difficilement sur l'autoroute qui mène à l'Angleterre. De peur de voir la frontière et les taxes douanières rétablies avec l'Hexagone à l'issue du Brexit, de nombreuses entreprises préparent leur stock de marchandises au risque de créer des embouteillages dantesques.

Alors que le Brexit approche à grand pas, des conséquences sont déjà visibles entre la France et le Royaume-Uni. Depuis des semaines, de gigantesques embouteillages se forment à quelques kilomètres du port de Calais. Les 6.000 camions, qui transitent par l'autoroute A16 tous les jours, se retrouvent à l'arrêt complet. Il y a même des airs de stockage qui leur sont destinées. Au moindre signe d'engorgement du côté du port et du tunnel sous la manche, ils peuvent y stationner plusieurs heures.

À l'origine de ce phénomène exceptionnel ? La crainte des entreprises de voir une frontière rétablie ainsi que le retour de taxes douanières entre les deux pays voisins après la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. "Les entreprises achètent et achètent parce qu'elles ont peur qu'il n'y ait pas de deal (avec l'Europe) et qu'il y ait donc des taxes ou des restrictions d'importation", confirme Jean-Marc Puissesseau, PDG des ports de Calais-Boulogne-Sur-Mer, sur TF1. Mais aussi, la frénésie d'achats des Britanniques à l'approche du Brexit. "Il est vrai que les Anglais stockent", affirme le chef portuaire.  

Un manque à gagner pour des entreprises

Ce trafic routier perturbé a un impact financier non-négligeable sur certains transporteurs français, à cause de délais de livraison allongés et de dépenses multipliées. "En gros, un camion ça coûte un euro la minute. Donc tout ça, c'est de la charge supplémentaire. C'est des coûts. Et vous n'avez pas la recette en face. Le véhicule ne fait pas sa rotation habituelle. Le conducteur est obligé de rester en Angleterre pour faire sa coupure journalière", peste David Sagnart, PDG de Transport Carpentier, qui possède une flotte de 80 camions, devant les caméras de TF1.

Des automobilistes mécontents

Cette situation met également les nerfs des automobilistes à l'épreuve. "Ça implique qu'on arrive en retard au travail, c'est compliqué", s'agace une dame au volant. "C'est une catastrophe pour les entreprises de Calais, de Boulogne et de Dunkerque... c'est une catastrophe", répète un autre conducteur auprès de TF1.

Par ailleurs, ces files interminables posent un autre problème de taille : elles attirent de nombreux migrants, qui mettent leur vie en danger en essayant d'entrer dans des remorques de camions dans l'espoir de poser un pied sur le sol anglais.


Léa LUCAS

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