ÉPIDÉMIE - Face au nombre croissant d'hospitalisation de nourrissons pour bronchiolite, la présidente de la Société française de pédiatrie a recommandé d'éviter les endroits très fréquentés avec un très jeune bébé, après une année 2020 blanche en contaminations.

Alors que le pic de bronchiolite devrait se profiler "d’ici trois à quatre semaines", les parents de nourrissons sont invités à la plus grande vigilance, a mis en garde Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie jeudi 29 octobre sur franceinfo. Pour éviter que les bébés ne soient touchés par la maladie, la cheffe du service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes appelle à "limiter les visites au cercle des adultes très proches, non malades". "On peut voir les grands-parents, mais si les aînés sont malades, ce n'est probablement pas le bon moment", a-t-elle notamment précisé. 

Dans un communiqué paru la semaine dernière, la Société française de pédiatrie avait également recommandé de ne pas autoriser de visite par de jeunes enfants avant les trois mois du bébé. Christèle Gras-Le Guen conseille également sur franceinfo d’éviter "dans la mesure du possible" d’aller dans les transports en commun, les supermarchés et les restaurants avec son bébé, ainsi que dans les grandes fêtes de famille, "des endroits où les virus circulent beaucoup"

Des précautions essentielles, à heure où 11 des 13 régions métropolitaines sont en alerte rouge, et plus d’un millier d’enfants de moins de deux ans ont été hospitalisés à cause de la bronchiolite la semaine passée. Dans son point hebdomadaire sur cette maladie respiratoire qui touche les bébés, l'agence Santé publique France notait mercredi une "poursuite de l'augmentation forte et précoce des indicateurs de surveillance de la bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans".

Un risque de "formes graves de la maladie" dans les deux premiers mois

Le respect des gestes barrières par les adultes avait permis de protéger les enfants de toute contamination en 2020, année blanche pour les cas de bronchiolite comme pour d’autres maladies comme la grippe saisonnières, susceptibles de faire chuter les défenses immunitaires des plus jeunes en particulier. 

Ces gestes barrières sont des mesures de vigilance à conserver cette année. "Si les parents tombent malades, il faut qu'ils portent un masque pour éviter de contaminer l'enfant, le temps que le virus s'élimine", recommande notamment la spécialiste. Si elle insiste sur le fait que l’on "n'est pas du tout dans les mêmes mesures que pour le Covid-19" et qu’un confinement n’est pas nécessaire, elle appelle tout de même les parents à faire particulièrement attention lors des deux premiers mois de vie de l’enfant, période plus propice "à des formes graves de la maladie".  

Si un enfant de moins de deux mois est déjà infecté et présente les symptômes de la maladie ("la toux, la fièvre, l’obstruction du nez et parfois une gêne respiratoire", indique la Société Française de pédiatrie) il faut aller aux urgences, mais pour les plus âgés, "essayez de trouver une alternative", comme un médecin généraliste ou un pédiatre, a recommandé Christèle Gras-Le Guen, car "les services sont saturés"

"Dans l’immense majorité des cas, le traitement qui consiste avant tout à désobstruer le nez (...) et à fractionner les repas est efficace en 8 à 10 jours car la toux persiste souvent longtemps", précise dans son communiqué la Société française de pédiatrie, qui rappelle que "la kinésithérapie respiratoire n’est pas recommandée par la HAS depuis 2019"

Les autorités sanitaires ont par ailleurs lancé mardi une campagne pour rappeler l'importance des gestes barrières (être masqué, aérer, se laver les mains, tousser dans son coude, éviter bises et poignées de main...), alors "qu'un sentiment de lassitude tend à se généraliser".


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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