Ces dernières années, la flotte d'hélicoptères et autres Canadair dédiés à la lutte contre les incendies s'est souvent trouvée clouée au sol.
Des problèmes de maintenance étaient régulièrement évoqués, de quoi inquiéter alors que les feux de forêt se multiplient.
La Sécurité civile estime aujourd'hui que la situation s'est améliorée, mettant en avant de récents investissements.

Lorsque durant l'été, le feu ravage des milliers d'hectares de forêt, le travail des pompiers se révèle particulièrement délicat. Afin de lutter contre les violents incendies qui touchent notamment la Gironde, les troupes au sol peuvent compter sur le renfort d'une flotte d'aéronefs : les fameux Canadair, accompagnés notamment d'hélicoptères, qui apportent une aide précieuse contre les flammes.

Est-ce suffisant pour faire face ? Au cours des dernières années, la presse se faisait en effet l'écho de problèmes logistiques d'ampleur. Des avions cloués au sol, des problèmes de maintenance... Les syndicats de pilotes alertaient sur la situation, réclamant une prise de conscience rapide et des actions des autorités. Alors que ce début d'été 2022 voit les incendies se multiplier, la situation s'est-elle améliorée ? Pour le savoir, Les Vérificateurs ont tenté de faire le point sur l'état de la flotte dédiée à la lutte contre les incendies.

Une situation qui s'améliore

Lorsque l'on contacte la direction de la Sécurité civile, qui coordonne les moyens aériens pour faire face aux feux de forêt, cette dernière ne cherche pas à cacher les soucis rencontrés ces dernières années. "En ce qui concerne la maintenance des hélicoptères", nous confie-t-on, "des difficultés ont été rencontrées l'an passé". À la faveur d'un marché public remporté, un nouveau prestataire a pris la responsabilité de la maintenance, une évolution qui a entraîné quelques soubresauts. Ils se sont par exemple traduits par des retards dans l'approvisionnement des pièces, empêchant les appareils de voler durant plusieurs semaines. Aujourd'hui, "ça va beaucoup mieux", tranche la Sécurité civile, se disant "assez satisfaite" de la situation actuelle.

Quid des fameux Canadair, figures de proue de la lutte contre les incendies ? Sont-ils tous opérationnels ? Non, indique-t-on à TF1info, mais cela ne doit pas pour autant être considéré comme anormal : "Sur cette journée du 15 juillet, pour vous donner un ordre d'idée, 8 avions sur 12 fonctionnent. Ceux au sol font l'objet d'une maintenance opérationnelle, dues pour l'essentiel à leurs conditions d'utilisation". Et de préciser que "sur une journée comme hier, ce sont environ 300 largages qui ont été enregistrés"

Une activité très intense qui met les aéronefs à rude épreuve et nécessite de prendre toutes les précautions possibles pour éviter les accidents et prévenir des pannes. "Les avions ne sont pas comme des voitures, l'entretien ne s'opère pas en fonction de l'usure, vous avez des pièces qui doivent être impérativement changées après un certain nombre d'heures d'utilisation, quel que soit leur état ou leur usure potentielle", note la Sécurité civile.

Face à la recrudescence des feux de forêt, la France est-elle assez armée ? "Dans l'absolu, si vous nous demandez de combien d'avions nous souhaiterions disposer demain, nous répondrions de façon volontairement exagérée 200 ! C'est une plus-value majeure, mais il faut tout de même préciser que nous sommes bien équipés par rapport à nos voisins européens", détaille la Sécurité civile qui poursuit : "Les Canadair utilisés en France disposent notamment de capacités d'emport et de largage supérieures à celles des avions espagnols." Si la flotte "doit être augmentée", l'organisme explique que cette évolution suit son cours : "Nous disposons notamment de 12 canadairs, de 7 bombardiers d'eau 'Dash' et de 3 avions Beechcraft, une flotte qui va évoluer avec l'apport de deux Canadair supplémentaire et d'un Dash". Sans compter "l'organisation européenne qui se renforce", avec des échanges de moyens réalisés entre pays : l'Espagne, le Portugal, l'Italie ou la Grèce sont ainsi des alliés de la France pour répondre aux défis posés par les incendies.

Le dernier point de tension potentiel pourrait concerner le personnel. La presse rapportait au printemps les inquiétudes des pilotes, qui pointaient entre autre du doigt des retards dans le versement de leurs rémunérations. Sur ce point, la Sécurité civile se réjouit d'une évolution notable, avec "la signature d'un protocole entre le ministère de l'Intérieur et les syndicats de pilotes au début du mois de juillet". Le personnel navigant a notamment obtenu que la profession soit reconnue comme étant un métier à risque à l'avenir, une de ses revendications majeures. Les sommes dues en complément des salaires et qui varient en fonction du volume d'heures passées en intervention seront quant à elles versées dans des délais plus courts. Il fallait parfois attendre de longs mois avant que les équipages n'obtiennent ces rémunérations. Ces avancées, actées avant le début de la saison estivale, ont permis de résoudre plusieurs points de tensions, ce dont témoigne la levée de préavis de grève posés il y a quelques semaines au sein de la Sécurité civile.

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Thomas DESZPOT

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