Une entreprise de l’Orne récupère les colis non distribués et les transforme en pochettes-surprises.
Les clients achètent ces pochettes au poids, et sans en voir le contenu au préalable.
Ils peuvent ensuite faire des bénéfices en revendant ce qu’ils ont acquis.

Pour deviner ce qu’il va acheter, Christopher doit palper la marchandise. "Je commence à avoir un peu l’habitude donc je sais si ce sont des paires de chaussures ou des vêtements", affirme-t-il. Une autre cliente essaye cette pratique originale pour la première fois. "On ne sait pas trop ce qu’il y a dedans, on peut tomber sur des gros articles comme des petits articles. C’est stressant mais on va essayer et puis on verra bien ce que ça donne", sourit-elle. 

Ces pochettes-surprises se vendent au poids : dix kilos minimum pour 108 euros. Ces paquets encore emballés proviennent de plateformes logistiques qui s’en débarrassent à petits prix. "Ce sont des colis non distribués qui n’ont pas eu de destinataires, ou des personnes ont déménagé, n’ont pas donné une bonne adresse. Du coup, ça repart dans un entrepôt provisoire pendant 30 jours et puis après ça, c’était détruit", explique William Mourrière, fondateur de Flamingo Box. 

1300 euros de bénéfices

Incinérés jusque-là, ces colis font aujourd’hui les affaires de William et de ses clients. C’est la sixième fois qu’Alexia s’y essaye et le déballage est toujours étonnant. La bonne pioche du jour est une figurine de collection. "Je regarde combien ça coûte sur Internet, donc là, je vois que ça vaut 28 euros. Moi, je vais le mettre à 20 euros", affirme-t-elle. 

En quelques clics, elle publie une annonce sur un site de seconde main. En moins d’un an, elle a fait 1300 euros de bénéfices. "C’est un complément de revenu, j’en ai besoin. En plus, on a une maison qui est en travaux", poursuit-elle. 

La pratique est amenée à se développer. Car depuis un an, une loi interdit la destruction des produits non alimentaires. "On sait que les lois dans ce domaine de la réduction du gaspillage, ça fonctionne, puisqu’on a déjà eu un précédent dans l’alimentaire", déclare Elisabeth Cony, économiste. Selon elle, il faudra encore au moins dix ans avant que cette loi ne soit totalement respectée. 


Léa TINTILLIER Reportage TF1 | Olga Lévesque, Jean-Yves Chamblay

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