Marie Buisson, Céline Verzeletti, Olivier Mateu... La CGT en quête du successeur de Philippe Martinez

Publié le 27 mars 2023 à 13h23
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

En première ligne contre la réforme des retraites, Philippe Martinez va quitter ses fonctions de secrétaire général de la CGT.
Le syndicat, réuni en Congrès à Clermont-Ferrand tout au long de la semaine, lui cherche un successeur.
Trois noms se distinguent.

La journée de mobilisation contre la réforme des retraites du mardi 28 mars devrait être sa dernière. Du moins, en tête de cortège. À 61 ans, et après huit années passées à la tête de la CGT, Philippe Martinez s'apprête à passer la main. À compter de ce lundi 27 mars s'ouvre, à Clermont-Ferrand, le 53e Congrès du syndicat, avec comme objectif la désignation du futur secrétaire général. Trois noms - et trois profils différents - se dessinent pour lui succéder.

Marie Buisson, la candidate de la direction sortante

C'est la candidate privilégiée par la direction sortante depuis près d'un an. Dès le mois de mai 2022, lorsque Philippe Martinez a annoncé son intention de ne pas poursuivre sa mission à la tête de la CGT, Marie Buisson est sortie du chapeau. D'après plusieurs sources, le secrétaire général a lui-même soufflé son nom aux membres de la Commission exécutive confédérale. Souvent derrière lui lors des récentes mobilisations contre la réforme des retraites, cette professeure en lycée professionnel connaît bien les entrailles de la CGT, où elle milite depuis le début des années 2000.

Désormais secrétaire générale de la Fédération Éducation, Recherche et Culture, Marie Buisson, 54 ans, est membre de la direction de la CGT depuis 2019. Elle promet de faire du syndicat un "outil pour tous les salariés de ce pays", selon des propos rapportés par l'AFP, "y compris ceux qui croisent rarement" la route de la CGT. Elle compte prioriser les questions liées à la transition écologique et à l'égalité hommes-femmes.

Philippe Martinez lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, en mars 2023. Marie Buisson se trouve en deuxième ligne, à sa gauche.
Philippe Martinez lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, en mars 2023. Marie Buisson se trouve en deuxième ligne, à sa gauche. - Emmanuel DUNAND / AFP

Mais pour succéder à Philippe Martinez, Marie Buisson devra convaincre une partie de ses opposants, qui lui reprochent notamment de ne pas avoir mené de lutte emblématique, et de s'être surtout fait connaître pour avoir représenté la CGT au sein du collectif "Plus jamais ça" (rebaptisé l'Alliance écologique et sociale), qui réunit syndicats, ONG et associations, avec la volonté d'aborder de front questions environnementales et sociales. Plusieurs grosses fédérations industrielles ne se retrouvent pas dans les orientations de "Plus jamais ça", particulièrement sur le nucléaire, et un front plus large encore critique l'absence de débat démocratique au sein de la CGT sur cette alliance créée en mars 2020.

Céline Verzeletti, soutenue par de puissantes fédérations

Elle n'est pas officiellement candidate. Mais plusieurs fédérations importantes de la CGT envisagent de porter sa candidature pour diriger la centrale. Céline Verzeletti, 54 ans, a presque été bercée par le syndicat : son père, cheminot, était déjà militant auprès de la CGT. Cette surveillante de prison, co-secrétaire générale de l'Union fédérale des syndicats de l'État, et membre du bureau confédéral depuis 2015, apparaît comme un "point d'équilibre" entre les opposants à la ligne de Philippe Martinez, d'après les propos de l'un de ses soutiens à l'AFP.

Céline Verzeletti, le 22 mars 2023.
Céline Verzeletti, le 22 mars 2023. - JOEL SAGET / AFP

Céline Verzeletti défend également un rapprochement des syndicats avec les forces politiques. Elle-même en est l'incarnation : elle possède toujours sa carte au Parti communiste (PCF), et a appelé début janvier à se rendre à une marche soutenue par la France insoumise. Elle souhaite surtout une gouvernance du syndicat moins personnalisée. "Nous avons besoin de changer les modes de fonctionnement, que le secrétaire général n'ait pas autant de pouvoir", assure-t-elle auprès de l'AFP. "Si je peux servir à une espèce de transition qui aura permis de rassembler les uns et les autres, c'est très bien."

Olivier Mateu, la ligne dure

Si toutes deux prétendent à devenir la première femme secrétaire générale de la CGT, elles ne sont pas seules sur la ligne de départ. Olivier Mateu, secrétaire départemental de la CGT des Bouches-du-Rhône, entend bien succéder à Philippe Martinez. Et imposer sa ligne et son franc-parler. "À la première réquisition, c'est la guerre", "vous devrez nous crever", "on vous met le feu", "on va les ruiner"... Ces dernières semaines, ce syndicaliste de 48 ans a su faire parler de lui lors de sorties fracassantes contre la réforme des retraites.

Olivier Mateu lors d'une manifestation contre la réforme des retraites à Marseille, le 7 mars 2023.
Olivier Mateu lors d'une manifestation contre la réforme des retraites à Marseille, le 7 mars 2023. - Nicolas TUCAT / AFP

Encarté au parti communiste dès son adolescence, Olivier Mateu assume des positions différentes de la direction actuelle. Comme l'adhésion de la CGT des Bouches-du-Rhône à la Fédération syndicale mondiale, classée très à gauche, que la confédération a quittée en 1995. Ou encore son discours sur la guerre en Ukraine, lorsqu'il affirme qu'il ne soutient "ni Poutine, ni Zelensky".

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Sa feuille de route s'il accède à la tête de la CGT ? "Que les syndicats décident de tout", répond-il au micro de Quotidien. Une ligne radicale qui ne plaît pas à tout le monde, à commencer par le secrétaire général. "Je ne pense pas" qu'il ferait un bon patron de la CGT, indiquait ces derniers jours Philippe Martinez sur le plateau de l'émission de TMC. De nombreux obstacles figurent encore sur la route d'Olivier Mateu. À commencer par les règles ordonnées par le Comité confédéral national de la CGT, qui pourraient l'empêcher de porter officiellement sa candidature.


Idèr NABILI

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