Les chasseurs ont "un rôle à jouer en matière de police de proximité", juge leur patron Willy Schraen

Y.R
Publié le 14 novembre 2021 à 14h34
JT Perso

Source : JT 20h WE

CHASSE - Dans les colonnes du JDD, dimanche 14 novembre, Willy Schraen, le président de la puissante Fédération nationale des chasseurs, détaille la proposition de "partenariat" qu'il va faire aux élus locaux. Il souhaite ainsi prendre sa part dans la lutte contre "la délinquance rurale et environnementale".

C'est une proposition qu'il mène de front. Et qu'il compte faire aux élus ruraux, en marge du Congrès des maires, auquel il participera, les 16, 17 et 18 novembre à Paris. Dans un entretien au JDD, dimanche 14 novembre, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen a annoncé vouloir proposer un "partenariat" aux élus locaux afin de lutter contre "la délinquance rurale et environnementale". Par le biais de cette concorde, il souhaite pouvoir donner aux agents assermentés des différentes Fédérations départementales de chasseurs des pouvoirs de police dans la forêt.

"La délinquance rurale et environnementale augmente. Il manque clairement un maillon au niveau des territoires. En matière de police de proximité, les Fédérations départementales des chasseurs ont un rôle à jouer pour contribuer à la prévention et à la surveillance des territoires, en complément des missions régaliennes de l'État", a estimé le président de la puissante FNC. "Au sein de la Fédération, nous avons des agents de développement. Ce sont des professionnels formés et assermentés intervenant déjà dans certaines communes qui en ont fait la demande pour la régulation de certaines espèces nuisibles." 

Il s'agirait de dresser des procès-verbaux et de constater des flagrants délits

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs

Ainsi, ses troupes, en relais des gendarmes, "pourraient, demain, sous le contrôle de l'État et des maires, avoir des missions plus larges pour s'occuper des dépôts d'ordure illégaux, de la divagation des animaux domestiques, des problèmes liés à la présence de véhicules motorisés dans la forêt à des endroits sensibles, etc", a détaillé Willy Schraen, revendiquant "1500 salariés capables de le faire" auprès du Journal du Dimanche. "Il s'agirait de dresser des procès-verbaux et de constater des flagrants délits." 

Le patron de la FNC a tenu à répondre à celles et ceux qui craindraient que sa proposition entraîne la création d'une police de chasseurs. "Il ne s'agit pas de donner des armes aux chasseurs pour effectuer ces missions, ni transformer nos agents en policiers de l'environnement", a-t-il expliqué. "Ce serait ridicule et ce n'est en aucun cas l'objectif. Ça ne fonctionnera qu'avec les communes rurales qui voudront bien souscrire une convention. En réalité, beaucoup de maires font déjà appel à nous, mais notre action est limitée pour répondre à leurs attentes. Il s'agirait donc de donner un cadre légal à notre intervention." 

Ce n'est pas à eux de jouer ce rôle

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

Invitée du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a répondu à cette proposition. "Il y a déjà une police de l'environnement qui existe et qui est exercée par différentes catégories de fonctionnaires assermentés. Il faut déjà le dire. Ensuite, parmi les Fédérations de chasseurs, il y a des salariés assermentés pour faire déjà un peu de police de chasse", a réagi l'ancienne membre d'EELV, tout juste de retour de Glasgow où s'est tenue la COP26. 

"Si les paroles de Willy Schraen veulent dire qu'on peut augmenter les compétences de ces salariés assermentés, par exemple pour la gestion de déchets sauvages, ça se regarde. Pourquoi pas ? Pourquoi pas regarder à ce qu'ils fassent plus ?", a-t-elle ajouté. "Mais on ne va pas dire que les chasseurs vont faire de la police de l'environnement. Ce n'est pas à eux de jouer ce rôle."


Y.R

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