La subvention publique accordée à la Fédération nationale des chasseurs (FNC) est passée de 27.000 euros en 2017, à 6,3 millions d'euros en 2021.
Des chiffres qui créent la polémique, dans les rangs écologistes notamment.

En cinq ans, les sommes allouées par l'État aux chasseurs ont été multipliées par 23.  Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, la subvention publique accordée à la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a bondi, passant de 27.000 euros en 2017, à 6,3 millions d'euros en 2021. De quoi déclencher l'ire de l'opposition, de nombreux responsables politiques - écologistes notamment - réclamant, depuis plusieurs années, l'interdiction de la pratique de la chasse. 

À ces chiffres, publiés au Journal officiel le 8 août, et repérés par le site lanceurdalerte.org, s'ajoutent d'autres avantages qui font mouche, comme la division par deux du prix du permis de chasse, accordé par Macron en 2018, passant de 400 à 200 euros, pointe ainsi l'ex-élu EELV Matthieu Orphelin dans Le Parisien. Dès le début de son premier mandat, le chef de l'État a en effet accordé une place importante aux chasseurs, se prononçant, en autres, en 2018, en faveur du retour des chasses présidentielles, qu'il considérait alors comme un "instrument d'attractivité de la culture française"

Un "président des lobbys contre le vivant", dénoncent les écologistes

L'avantage accordé aux permis de chasse a attiré un plus grand nombre de licenciés de la FNC, avec des conséquences financières visibles : les revenus de l'organisation ont atteint 28 millions d'euros en 2020 et 2021, contre 11 millions en moyenne les années précédentes, détaille le quotidien. "Il y a eu beaucoup trop de cadeaux", dénonce Matthieu Orphelin, auprès du quotidien, qui appelle le gouvernement à "rééquilibrer les choses", et à arrêter "de dire oui à toutes leurs demandes, en particulier sur les chasses traditionnelles".

Pour Julien Bayou, secrétaire national du parti EELV, l'augmentation des subventions est à peine croyable. "Pincez-moi, je rêve !", a-t-il écrit sur Twitter, qualifiant le chef de l’État de "président des lobbys contre le vivant". Pour le collectif Ruraux en colère, qui défend les populations rurales contre les abus de la chasse, ces chiffres sont tout bonnement "vertigineux". Sur Twitter, l’association souligne par ailleurs le retard dans la publication de ces données.

Face à de telles réactions, Matignon a dû réagir, justifiant ces chiffres qui "peuvent surprendre", reconnaissent les services d’Élisabeth Borne, auprès du Parisien. "Ils s'expliquent aussi par le fait que de grosses parties de l'argent qui était autrefois alloué aux fédérations départementales de chasseurs, notamment via la délivrance des permis, le sont désormais à la Fédération nationale, qui en a récupéré la prérogative", détaillent-ils. 

Loin d'être désarçonné par la polémique, le président de la FNC, Willy Schraen assure quant à lui, dans les colonnes du quotidien, que "tout est transparent et il n’y a pas un euro d’argent public qui n’est pas utilisé à bon escient". Il justifie l’augmentation des aides publiques en assurant qu'elles sont liées à la nouvelle loi sur la chasse de 2019, dans laquelle il est demandé "de prendre en charge la gestion des associations communales de chasse agréées et l’attribution des plans de chasse individuels, missions autrefois exercées par les préfets".


SM

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