Chlordécone aux Antilles : l'Assemblée nationale reconnait la "responsabilité" de l'État

Publié le 29 février 2024 à 19h34, mis à jour le 29 février 2024 à 21h34

Source : TF1 Info

Ce jeudi, les députés ont adopté en première lecture un texte reconnaissant la "responsabilité" de l'État dans le scandale du chlordécone.
Ce pesticide a été répandu dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu'en 1993, alors que sa nocivité était connue depuis des années.
La proposition de loi va désormais poursuivre son chemin parlementaire au Sénat.

Une première avancée pour les victimes. Ce jeudi 29 février, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture un texte socialiste, reconnaissant la "responsabilité" de l'État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Porté par le député de Guadeloupe, Elie Califer, la proposition de loi a été votée à l'unanimité des 101 votants, les groupes de la majorité s'étant abstenus. La proposition de loi va désormais poursuivre son chemin parlementaire au Sénat.

Établir la responsabilité des décideurs politiques

La proposition de loi prévoit que la "République française reconna(isse) sa responsabilité dans les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques" causés par l'utilisation de ce pesticide en Martinique et en Guadeloupe. La France doit avoir pour objectif "la dépollution des terres" et "l'indemnisation de toutes les victimes de cette contamination, qu'elles aient eu lieu ou non dans le cadre d'une activité professionnelle", poursuit le texte.

Plusieurs amendements portés par les groupes GDR (à majorité communiste), LFI ou Écologistes ont toutefois été ajoutés, parfois contre l'avis même d'Elie Califer. Le texte établit ainsi que la République française doit reconnaître les préjudices "moraux" du scandale, une mention qui ne figurait pas dans la version initiale. A aussi été adopté un amendement visant à la "mise en place d'une campagne de prévention sur l'ensemble du territoire national". La France s'assigne en outre "l'objectif d'établir publiquement la responsabilité des décideurs politiques dans ce scandale d'État", une expression qui a provoqué d'âpres débats.

La chlordécone, pesticide répandu dans les bananeraies pour lutter contre le charançon, a été interdite aux États-Unis dès 1975. Par la suite, l'OMS a émis plusieurs alertes sur la nocivité de ce produit. Il est néanmoins resté autorisé en France jusqu'en 1990, et même jusqu'en 1993 aux Antilles, où la chlordécone a bénéficié d'une dérogation. Trois décennies après la fin de son usage, le produit continue de contaminer eau et sols, des juges d'instruction du pôle santé du tribunal judiciaire de Paris reconnaissant début 2023 un véritable "scandale sanitaire".


La rédaction de TF1info avec AFP

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