Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Le port du masque va-t-il devenir obligatoire dans les transports en commun ?

La rédaction de LCI
Publié le 15 avril 2020 à 18h30, mis à jour le 15 avril 2020 à 20h41
JT Perso

Source : TF1 Info

MESURES BARRIÈRES – Faudra-t-il porter obligatoirement un masque dans les transports en commun à partir de la fin du confinement ? C’est ce que souhaite le PDG de la SNCF, qui s’est exprimé en ce sens ce mercredi, lors de son audition au Sénat.

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé que le confinement le plus strict était prolongé jusqu’au 11 mai, à compter de cette date, de nombreux établissements scolaires et entreprises vont rouvrir progressivement leurs portes, entraînant avec eux une augmentation de trafic dans les transports en commun. Face à cet afflux massif de voyageurs, et alors que l’épidémie de coronavirus ne sera pas endiguée, des mesures de protection devront être prises. Parmi elles, l’obligation du port du masque, souhaitée par le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.

"Le ‘jour d'après’ sera progressif. (...) Nous allons avoir une remontée progressive de l'offre" pour accompagner "le déconfinement partiel ou le confinement allégé" à partir du 11 mai, a expliqué Jean-Pierre Farandou lors d'une audition au Sénat. Mais cette reprise du trafic doit s'accompagner de nouvelles précautions sanitaires, a-t-il insisté. Il prône en particulier "le port du masque obligatoire", ce qui selon lui permettrait de lever à bord des règles de distanciation qui "paraissent très, très compliquées à aborder". En Ile-de-France par exemple, "si on nous impose de mettre un mètre ou un mètre et demi entre chaque passager, avec 100% des trains on ne transporte que 20% de ce qu'on transporte d'habitude", a-t-il dit. "Donc ça ne marche pas !"

S’il n’a pas précisé le caractère obligatoire de la mesure, le président de la République Emmanuel Macron s’est montré favorable au port du masque, dans son allocution lundi soir. "Pour les professions les plus exposées, et pour certaines situations comme dans les transports en commun", l’usage du masque "pourra devenir systématique", avait-il notamment indiqué.

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"La SNCF ne peut pas prendre sur ses épaules la distribution de masques à toute la population"

Pour la SNCF, la suppression des règles de distanciation permise par le port du masque permettrait de faire voyager un plus grand nombre de personnes. Car pour les TGV, l'équation est aussi économique, puisque ces trains - non subventionnés - ne sont rentables que si le taux de remplissage atteint 60%. La compagnie ne vend actuellement pas plus d'un siège sur deux. "Il faut vraiment que le port du masque soit obligatoire pour les transports" publics. "C'est la demande que fait la SNCF", a-t-il insisté.

Mais pas question pour autant d'assumer cette charge pour la compagnie ferroviaire. "La SNCF ne peut pas prendre sur ses épaules la distribution de masques à toute la population française", a poursuivi le dirigeant. S'ajouteraient aussi un effort accru sur le nettoyage des trains, davantage de filtrage des passagers et la mise à disposition de gel hydroalcoolique dans les TGV et dans les gares, a noté Jean-Pierre Farandou.

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"On espère arriver à 100% des TGV au début de l’été"

Concernant la reprise du trafic, le patron de la SNCF envisage d'abord pour les grandes lignes "peut-être, par rapport à l'offre actuelle, un doublement de l'offre pendant les premières semaines", ce qui la ferait passer de 6 à 7% à près de 15%. On aurait ensuite en juin "un TGV sur deux pendant un mois environ" puis "on espère arriver à 100% des TGV au début de l'été", a-t-il dit.

Quant aux TER et aux trains de banlieue d'Île-de-France, on passerait "très vite" de 15 à 25% actuellement à 50%, avant de progresser davantage en fonction de la demande. Ce "plan de route" pourrait évidemment évoluer en fonction des consignes sanitaires, a fortiori si certaines régions devaient être déconfinées après d'autres, a-t-il remarqué.

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Pécresse prône la mise en place d’horaires décalés pour éviter l'afflux dans les transports

En Île-de-France, la présidente de la région Valérie Pécresse souhaite mettre en place des mesures pour éviter l’afflux massif de voyageurs au même moment dans les transports. "Imagine-t-on remettre 5 millions de personnes dans des métros et des RER ?", a-t-elle demandé ce mercredi matin sur France inter.

"Ce que j’imagine, c’est que la reprise du travail pour les écoles, pour les lycées, ne puisse être que progressive, qu’on puisse imaginer, par exemple, faire des classes dédoublées, qu’on puisse avoir des arrivées à des heures différentes : les petits entre 8 heures et 9 heures, les collégiens entre 9h et 10h, les lycéens entre 10h et 11h", a proposé la présidente d’Île-de-France mobilités, l’autorité organisatrice des transports dans la région.


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