Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Plombé par la crise, le gouvernement mise sur la dépense pour le budget 2021

TG avec AFP
Publié le 28 septembre 2020 à 8h34
Plombé par la crise, le gouvernement mise sur la dépense pour le budget 2021

Source : LOIC VENANCE / AFP

ÉCONOMIE - Le projet de loi de finances dévoilé ce lundi fera la part belle au plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans, dans un contexte de crise économique record qui a relégué à l'arrière-plan la réduction des déficits.

Un budget sous le signe du Covid-19. Le gouvernement doit révéler ce lundi les contours de son projet de loi de finances pour 2021, malmené par l'épidémie qui a plombé l'économie. Pour "retrouver le niveau de richesse d'avant la crise", le Premier ministre Jean Castex a une stratégie : ouvrir les vannes de la dépense.

Après les plus de 460 milliards d'euros mis sur la table cette année pour faire face à la crise sanitaire, le projet de loi de finances pour 2021 que présente lundi le gouvernement sera centré sur le plan de relance de 100 milliards d'euros annoncé début septembre. Sur les 100 milliards prévus sur deux ans, 10 milliards devraient avoir déjà été dépensés cette année, notamment pour le soutien à l'emploi des jeunes et 30 milliards injectés dans l'économie l'an prochain. Au total, un gros tiers du plan servira à améliorer la compétitivité des entreprises et à favoriser la réindustrialisation du pays, notamment via une baisse de 10 milliards d'euros des impôts de production pesant sur les entreprises. 

Plusieurs engagements pris avant la crise maintenus

Ce sera la principale mesure fiscale de ce budget, qui illustre l'axe stratégique choisi par le gouvernement : soutenir les entreprises afin qu'elles passent le cap de la crise et recommencent à embaucher après 800.000 suppressions d'emplois attendues cette année. 30 milliards doivent permettre d'accélérer la transition écologique, via des aides à la rénovation des logements ou aux transports propres. Et enfin 35 milliards d'euros serviront à financer des mesures de solidarité et de soutien à l'emploi (formation, etc.). Grâce à ce plan, le gouvernement table sur un rebond du produit intérieur brut (PIB) de 8% l'année prochaine, après une contraction historique attendue à 10% cette année.

A côté de ce volet exceptionnel de dépenses, le gouvernement a décidé de maintenir plusieurs engagements pris avant la crise. Après un début de polémique, la baisse de la taxe d'habitation débutera bien l'an prochain pour les ménages les plus aisés et la réduction de l'impôt sur les sociétés est aussi maintenue. Les crédits promis aux ministères de la Défense, de l'Intérieur ou de l'Education sont également confirmés. Celui de la Justice va connaître une hausse importante de 8%, a annoncé Jean Castex.

Pas de hausse d'impôts

Car si les finances publiques sont déjà mises à rude épreuve cette année, en particulier celles de la Sécurité sociale, avec un déficit public attendu à 10,2% du PIB, la priorité va à la reprise économique. Avec le blanc-seing de Bruxelles qui a suspendu les règles budgétaires européennes. Ainsi, avec l'objectif de ramener le déficit à 6,7%, peu d'économies sont à attendre : les effectifs de la fonction publique devraient ainsi être stabilisés, ou diminuer mais légèrement, a prévenu Bercy, après un amaigrissement déjà remis en cause après le mouvement des "gilets jaunes".

Le gouvernement a assuré qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts, mais pour dégager quelques recettes supplémentaires, il a prévu de ponctionner l'organisme de financement du logement social Action logement à hauteur d'1,3 milliard d'euros, et les complémentaires santé vont payer une surtaxe Covid d'un milliard d'euros l'an prochain (puis 500 millions en 2022).


TG avec AFP

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