Plus de 6000 masques en tissu sont produits chaque jour par des détenus

par Cédric STANGHELLINI
Publié le 10 mai 2020 à 0h11, mis à jour le 10 mai 2020 à 0h16

Source : JT 20h WE

CONFECTION - Une dizaine d'ateliers situés au sein d'établissements pénitentiaires confectionnent des masques en tissu. Le ministère de la Justice loue le travail des détenus, tous volontaires, mobilisés depuis le début de la crise sanitaire.

L'appel à produire des masques pour se protéger du coronavirus a été entendu jusque dans les prisons. Une dizaine de centres pénitentiaires ont mobilisé leur atelier pour confectionner des protections dès le mois de mars. Aujourd’hui, la production s'élève à 6.000 masques en tissu. 

"Ce sont un peu plus de 150 personnes détenues, tous volontaires, qui contribueront à la fabrication de masques de protection", s'enorgueillit Albin Heuman, le directeur de l'Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle des personnes placées sous main de justice. "Nous produisons, à l’heure actuelle, un peu plus de 6.000 masques de catégorie 1, adaptés aux professionnels en contact avec le public. Ils sont lessivables et réutilisables." 

Cette précieuse production est destinée pour un tiers aux besoins propres du ministère de la Justice et des soignants. Les deux tiers restants sont destinés aux commandes enregistrées par les industriels partenaires. "Il s’agit du réseau Résilience, qui vise à relocaliser une production textile sur le territoire national, et de la société Boldoduc, spécialiste des textiles techniques et des équipements de protection individuelle." Des partenariats nécessaires selon Albin Heuman "pour accéder à la matière première et réaliser un équipement de protection de qualité". 

"Donner plus de sens à leur détention"

Albin Heuman y voit "une opération exemplaire. Elle permet aux détenus, la plupart du temps condamnés, de prendre part à une action citoyenne. Ils rendent un service à la collectivité, ce qui donne plus de sens encore à leur détention."

"Si, nous, en étant incarcérés, on peut aider et faire en sorte que la population ait le maximum possible de masques, c'est bien". Avec ces "masques propres, pas faits à la va-vite, (...) on participe à sauver des vies", déclarait ainsi un prisonnier de 36 ans - dont dix en détention - à la Garde des Sceaux Nicole Belloubet visitant au mois d'avril le centre pénitentiaire de Val-de-Reuil (Eure). Ce dernier produit à lui seul 1.000 masques par jour. "On a le sentiment d'être utiles. Et si tout le monde apporte sa pierre à l'édifice, on va pouvoir sortir de l'épidémie" et "revoir nos familles", confiait un autre détenu à la ministre. 

Ces masques, bien que réalisés en prison, répondent aux mêmes exigences que ceux produits à l'extérieur. "Ils font l‘objet de tests, conformément à un protocole défini par la Direction générale des entreprises et les détenus sont consciencieux aux respects des règles." 

Quant à la rémunération des personnes détenues, elle est régie par le Code de procédure pénale. "Cet encadrement normatif s’applique à la production de masques en détention comme à tout travail pénitentiaire", rappelle Albin Heuman à LCI. Les personnes détenues qui se sont portées volontaires pour participer à la fabrication de masques sont rémunérées, en moyenne, à 5.27€ de l’heure. Aujourd'hui, une dizaine d'ateliers confectionnent dont Marseille, Perpignan, Rennes ou encore Châteauroux. 


Cédric STANGHELLINI

Tout
TF1 Info