Le retour du froid a coûté la vie à deux sans-abris depuis le début de la semaine, dans les Hauts-de-Seine et le Vaucluse.
Des drames évitables, selon la Protection civile, qui appelle à "renforcer la fréquence des maraudes sur l'ensemble du territoire français".

Les sans-abris en première ligne face aux températures négatives. Le temps anormalement doux qui régnait sur la France en décembre a laissé place à un froid vif depuis le début de la semaine, coûtant la vie à deux personnes à la rue. 

Mardi matin, une femme sans domicile fixe d’une soixantaine d’années a été retrouvée morte sous sa couverture à Carpentras (Vaucluse), "probablement morte de froid", selon une porte-parole de la police, précisant qu'une autopsie devra le confirmer. Le même jour, le corps inanimé d’un sans-abri de 69 ans a été découvert dans la cave d'un immeuble de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 

Dans ce contexte glacial, plusieurs préfectures ont décidé ces derniers jours d'activer le "plan grand froid", qui vise à mieux protéger les personnes vulnérables.

On n'attend pas que le 'Plan grand froid' soit activé pour agir
Jeremy Crunchant, porte-parole de Protection Civile

Déjà sur le pont, les associations ont elles aussi renforcé leur activité. "On intensifie notre présence sur le terrain pour identifier plus rapidement ce genre d'accidents", explique la Protection civile par la voix de son porte-parole Jeremy Crunchant. En témoignent les 396 maraudes réalisées depuis le 1er janvier contre 227 à la même période l’an dernier. 

"Le 'plan grand froid' est très important (...) mais on n'attend pas qu'il soit activé pour agir", souligne le responsable associatif, bénévole dans les Alpes-Maritimes, où le dispositif n'a pas été déclenché. "Au niveau national, la Protection civile a donné consigne à tous les départements d'intensifier l'action sociale et les maraudes, 'plan grand froid' ou pas", insiste-t-il. 

Le dispositif permet notamment d’ouvrir des places d’hébergement d’urgence supplémentaires pour les personnes vivant dans la rue lorsque les températures sont trop basses, dans les écoles, les gymnases ou autres salles municipales. "On fait tout pour que les collectivités locales et les communes ouvrent de nouveaux centres d'hébergement de nuit", poursuit Jeremy Crunchant. "Il faut les assister car souvent, elles manquent de moyens de personnel et logistiques pour ouvrir ces centres." 

Autre problème rencontré par les bénévoles : nombreux sont les sans-abri à ne pas vouloir se rendre en centres d'accueil. "Beaucoup de jeunes SDF ont peur des problèmes de sécurité, de se faire voler des affaires", précise-t-il, expliquant que la Protection civile redouble malgré tout d'efforts pour convaincre les récalcitrants. "On y arrive un peu plus en ce moment", assure-t-il, alors que le pic de froid de cet épisode hivernal semble désormais passé.  


Marie TERANNE

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