La France face à une 3e vague d'ampleur

Covid-19 : à rebours d'une dynamique nationale à la baisse, l'exception des Deux-Sèvres

Audrey LE GUELLEC
Publié le 21 mai 2021 à 17h30
Covid-19 : à rebours d'une dynamique nationale à la baisse, l'exception des Deux-Sèvres

Source : Thomas COEX / AFP

L'essentiel

CONTRE-COURANT - À l'heure du déconfinement, ce département de Nouvelle-Aquitaine connaît à l'inverse un nouveau tour de vis faute de "décroissance significative" de l'épidémie. Pour expliquer cette particularité, la préfecture avance une piste.

Une exception dans l'embellie. Si la décrue de l'épidémie se confirme en France, les indicateurs peinent à reculer dans les Deux-Sèvres, où 79 personnes étaient encore hospitalisées au 16 mai, dont 12 en réanimation tandis que trois autres sont décédées, dont une en Ehpad. 

"Contrairement à bon nombre de départements de l’ouest et du sud-ouest de la France, la circulation virale ne ralentit plus en Deux-Sèvres. Nous restons sur un plateau haut", indiquait ainsi la délégation départementale de l’Agence régionale de santé dans sa synthèse épidémiologique de la semaine du 10 au 16 mai 2021. Où en est la situation sanitaire à ce jour ? Comment l'expliquer ? On fait le point.

Que disent les chiffres ?

D'après les données relevées par Covid Tracker, on recensait, vendredi 21 mai, un taux d'incidence de 136 cas pour 100.000 habitants. Une donnée qui était encore à 154 dans la semaine, soit autant que le 6 mai, deux semaines plus tôt. Soit près de trente points de plus que sur l'ensemble du territoire national, où le seuil d'alerte est par ailleurs situé à 50. 

Les données sont pareillement préoccupantes s'agissante de la positivité. Les Deux-Sèvres présentent un taux de 4,6% contre 3,88% dans toute la France. Du 3 au 9 mai, l'ARS avait relevé un taux de positivité de 5,3 % contre 8,3% la semaine précédente, soit un ralentissement de la baisse, de 36% à 26%. Quant à la tension hospitalière (75%), elle se trouve elle aussi au-dessus de la moyenne nationale.

"La vigilance probablement insuffisante"

"La vigilance dans les Deux-Sèvres reste probablement insuffisante. Il faut impérativement garder des comportements responsables afin d’éviter une reprise épidémique avant les effets complets et attendus de la vaccination", analyse la délégation départementale de l’Agence régionale de santé.

La Préfecture a décidé d'un nouveau tour de vis, ce jeudi, à contre-courant du reste de la France où l'on lève les restrictions à l'heure du déconfinement. Elle a pris mercredi de nouvelles restrictions pour éviter les rassemblements dans les communes de plus de 5000 habitants et celles du Marais poitevin touristique. Parmi elles, l'interdiction jusqu'au 9 juin de la diffusion de musique "pouvant s'entendre depuis la rue et qui ne provient pas d'un établissement recevant du public ou d'une manifestation autorisée". Concernant la consommation d'alcool, la vente du "à consommer sur place" ou de "canettes" est proscrite, sur la voie publique, dans les parcs et jardins publics, dans les marchés, couverts ou non. 

Quid de l'avancée de la campagne de vaccination ?

Concernant la vaccination, près d'un tiers des Deux-Sèvriens ont reçu au moins une injection, avec 125.275 personnes ayant reçu une première dose au 19 mai, soit 33,6% de la population du département et 64 726 ayant reçu la deuxième dose (17,4%). Au total, près de 200.000 injections ont été réalisées depuis le début du mois de janvier.

À noter que contrairement aux autres indicateurs de l'épidémie, le taux d'injection de la première dose de vaccin est supérieur à la moyenne nationale. Si ce n'est pas le cas concernant la deuxième injection, notons que dans d'autres départements, moins de 15% de la population a reçu cette seconde dose comme en Sarthe notamment. 

... et de la percée des variants ?

Quant au taux de pénétration des variants, il reflète lui aussi la tendance nationale. Dans le détail, le variant anglais reste majoritaire et touche 68% des personnes positives dans le département tandis que les variants brésilien et sud-africain ont été détectés chez 5,2 % des tests, la moyenne régionale se situant elle autour de 3,3 %. S'agissant du variant indien, qui inquiète les autorités depuis plusieurs semaines, il n'a pour l'heure pas encore été détecté.