ENFANTS - Le pédiatre et infectiologue Robert Cohen a salué sur LCI le refus du gouvernement de repousser la rentrée scolaire ainsi que l'accélération annoncée du dépistage des élèves. Il a aussi encouragé les parents à faire vacciner leurs enfants, même si "l'urgence" reste selon lui la vaccination des adultes.

Maintenir les écoles ouvertes mais multiplier les tests : le cap choisi par le gouvernement est le bon, a affirmé mardi 28 décembre sur LCI dans l'interview de la matinale le Pr Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à l’hôpital de Créteil, dans le Val-de-Marne. Il a estimé que le maintien de la date de la rentrée scolaire au 3 janvier, annoncé lundi 27 décembre par le Premier ministre Jean Castex à l'issue d'un Conseil de défense et d'un Conseil de ministres, était "raisonnable"

"La vague du variant Omicron ne va pas durer une semaine ou quinze jours seulement, rallonger les vacances scolaires d’une semaine c’est donc reculer pour mieux sauter", a estimé le pédiatre. "On ne va pas fermer les écoles de façon durable, on a vu toutes les conséquences que ça a pu avoir. Il y a un risque avéré de la non-scolarisation qui accroit les inégalités sociales, contre un risque potentiel qu’il y ait beaucoup de cas."

Au sujet de ces contaminations parmi les enfants, le spécialiste s'est montré serein : "Je ne suis pas frappé par le nombre de cas positifs qu’il va y avoir, l’index essentiel est les hospitalisations", dont la "pente complètement différente" des contaminations au variant Omicron qui quant à elles explosent, a-t-il assuré. 

"Deux autotests par semaine, ça ne paraît pas excessif"

"Les hôpitaux sont pleins de bronchiolites et d'autres pathologies" dans les services de pédiatrie, mais les hospitalisations d'enfants à cause du variant Omicron restent très faibles, a-t-il ajouté. "Il y aura beaucoup de cas chez l’enfant, je n’ai aucun doute, mais tant que les hospitalisations restent basses, il ne faut pas prendre de mesures trop importantes", a conclu l'infectiologue. 

Robert Cohen s'est en revanche montré très favorable à la politique de tests dans les écoles, qui doit s'intensifier dans les semaines à venir. "Pour revenir à l'école" lorsqu'un élève d'une classe a été testé positif, ses camarades ne devront "plus seulement présenter un test négatif, mais plusieurs tests, réalisés à plusieurs jours d'intervalle, et nous travaillons sur cet intervalle", a indiqué sur France Inter ce mardi le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

"Il ne faut pas fermer les classes mais augmenter la politique de tests", a abondé le pédiatre, rappelant qu'un élève peut être testé négatif à un certain moment mais positif deux jours plus tard. "Répéter les tests pour augmenter le niveau de certitude est probablement l’avenir", a-t-il assuré. "Deux autotests par semaine au moment où on est à une vague extrêmement abrupte, ça ne paraît pas excessif."

Par ailleurs, le Pr Robert Cohen a indiqué que les autotests étaient "peu douloureux, voire pas du tout", et a salué un "coût extrêmement modéré". Ces tests seront d'ailleurs en vente désormais dans les grandes surfaces jusqu'au 31 janvier. Le spécialiste a toutefois souhaité que l'État prenne le coût de ces tests à sa charge, "car plus on commande, plus le prix baisse", a-t-il lancé. 

Vaccination des 5-11 ans : "Toutes les familles qui veulent le faire, il faut le faire tout de suite"

Au sujet de la vaccination des 5-11 ans par ailleurs, ouverte à tous les enfants de cette classe d'âge depuis le mercredi 22 décembre, le pédiatre a estimé qu'il fallait "clairement" sauter le pas, même si "l’urgence est la vaccination des adultes, notamment la dose de rappel", car les enfants ne seront immunisés au mieux que dans un mois et demi, avec une à deux doses seulement, ce qui leur confère une immunité moindre qu'une 3e dose à laquelle les mineurs ne sont pas encore éligibles. 

"Il faut vraiment le faire tout de suite pour les groupes à risques, qui représentent plusieurs centaines de milliers d'enfants", a-t-il toutefois alerté. "Toutes les familles qui veulent le faire, il faut le faire tout de suite", a-t-il ajouté, soulignant notamment la nécessité de faire vacciner ses enfants pour voyager en Israël, à New York ou encore à Singapour. "Il faut foncer sur ces cibles-là puis convaincre les autres parents", a-t-il préconisé.

Les résultats de pharmacologie américaine ont montré que sur plus de 2 millions d'enfants vaccinés avec une deuxième dose, il y a eu en tout 10 myocardites environ soit 1 cas pour 300.000 à peu près, un ratio "tout à fait raisonnable", a-t-il poursuivi. La vaccination est "une réduction de risque pour [les enfants], peut-être pour les autres même si avec une ou deux doses ce n'est pas l’idéal, c'est tout de même l'espoir d'un retour en classe qui fonctionnera mieux que ce qui est proposé aujourd’hui", a-t-il conclu.


Maëlane LOAËC

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