VAGUE - Dans un courrier à trois ministres, rendu public jeudi 13 janvier, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté Dominique Simonnot signale la nécessité de mesures permettant de soulager détenus et surveillants. Elle alerte sur "l'épuisement physique et moral" dans le milieu carcéral.

En prison, la situation est "très inquiétante". C'est le constat dressé par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) Dominique Simonnot, alors que les établissements pénitentiaires font face à une flambée de contaminations de Covid liée à l'essor du variant Omicron, très contagieux. Selon le dernier point communiqué par le ministère de la Justice, au 4 janvier, 863 cas avaient été détectés parmi les quelque 70.000 détenus, et 1029 parmi le personnel sur environ 40.000.

Dans un courrier rendu public, jeudi 13 janvier, Dominique Simonnot estime "impératif d'alerter une nouvelle fois les ministres de la Santé, de la Justice et de l'Intérieur" sur le cocktail explosif que constituent "une ahurissante surpopulation carcérale" et "la reprise épidémique exceptionnelle". Elle avise sur "la nécessité de recourir rapidement" à "des mécanismes de régulation carcérale" pour soulager détenus et surveillants, affectés par la durée des restrictions, liées au coronavirus.

Pour faire face à "la promiscuité insensée de la plupart des maisons d'arrêt", la contrôleure générale des lieux de privation de liberté juge nécessaire "de recourir rapidement à des mesures équivalentes à celles qui avaient été prises en mars 2020, permettant de libérer les personnes détenues proches de leur fin de peine et de différer les incarcérations qui peuvent l'être"

"De la colère et du désarroi"

Selon Dominique Simonnot, la lutte contre cette cinquième vague épidémique ne peut reposer uniquement sur les mesures restrictives imposées aux détenus (interdiction des contacts avec les visiteurs, restriction de la liberté de mouvement des détenus et des activités hors de la cellule), qui "en temps ordinaire, relèvent de sanctions disciplinaires". Elle évoque l'"épuisement physique et moral" de la population détenue, pour qui il n'y a jamais eu de retour à la normale, même en période de reflux de l'épidémie. "Les conséquences de cette ambiance dégradée retombent également sur le personnel pénitentiaire. D'ailleurs, les directeurs de prison ont fait part au CGPLP tant de leur colère que de leur désarroi", ajoute-t-elle.

Dans sa lettre, ainsi que dans un autre courrier au ministère de la Santé, elle demande d'"assurer une meilleure couverture vaccinale dans les établissements pénitentiaires". Début décembre, 57,6% de la population détenue avait reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid, contre 77,6% dans la population générale au même moment, précise-t-elle.


La rédaction de TF1info avec AFP

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