La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Covid-19 - Où en sont les 600.000 tests salivaires promis dans les écoles par Jean-Michel Blanquer ?

Léa Coupau
Publié le 23 novembre 2021 à 20h04
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

DÉFIANCE - Déployés depuis plus de 9 mois dans les écoles, les tests salivaires rencontrent un succès mitigé chez les élèves. Pourtant, ce mardi, il n'y a jamais eu autant de classes fermées en France en raison de la 5e vague de Covid-19.

Mais où sont passés les tests salivaires dans les écoles ? Lancé fin février dernier, le dispositif devait atteindre le fameux chiffre de 600.000 dépistages hebdomadaires, promis fin-mai par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. Avec 200.000 tests réalisés en moyenne ces dernières semaines, on est encore loin du compte. “Même en étant optimiste, ce chiffre est impossible à atteindre”, lâche Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale du syndicat enseignant Unsa, auprès de LCI. 

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Défiance, organisation trop lourde

La faute à qui ? Les causes sont multifactorielles, assurent les syndicats. “C’est extrêmement lourd à organiser pour les directeurs d’école qui jonglent avec leurs heures de cours. Les partenaires - les laboratoires - se reposent complètement sur les instituteurs, alors que cela devrait être l’inverse. Ce n’est pas à un prof de toucher le matériel médical ou de faire cracher l’élève”, assure Elisabeth Allain-Moreno.

Pour Elisabeth Allain-Moreno, le ministère sait que l'objectif des 600.000 tests par semaine “sera difficilement” atteignable, mais il continue de mettre la pression sur ses professeurs "pour faire monter les chiffres"

Elle pointe aussi “un relâchement dans la société des gestes barrières et un manque de volonté", alors que "le dispositif repose sur la seule adhésion des parents”. Ces derniers doivent en effet donner leur consentement écrit pour faire tester leur enfant. Bilan : dans la semaine du 8 au 15 novembre, sur 307.804 tests proposés par le ministère, seuls 141.696 ont été effectués. La différence entre ceux proposés et ceux réalisés atteignait jusqu’à 200.000 fin octobre

Dans Le Parisien, le ministre de l’Éducation déplorait de son côté ce manque "d'acceptation” pour cette campagne de dépistage. “C'est une difficulté qu'on a depuis le début. Pourtant, il est essentiel que ces tests se fassent sur une tranche d'âge qui n'est pas vaccinée. J’encourage largement les parents dans ce sens", encourageait Jean-Michel Blanquer.

Faire "monter les chiffres" avec la 5e vague

D’autant que la situation sanitaire vire au rouge. Ces derniers jours, la France connaît un nouveau sursaut épidémique, y compris chez les écoliers. Il n’y a jamais eu autant de classes fermées après la détection d’un cas contact ou de Covid-19 depuis la rentrée scolaire, a alerté ce mardi le ministère de l’Éducation.

Au total, 6000 classes sur les 527.200 dans le pays ont fermé leurs portes. C’est 2.000 de plus que la semaine passée, et plus du triple par rapport aux dernières données des vacances de la Toussaint. Plus question d'attendre, pour l’épidémiologiste Catherine Hill. “On laisse circuler le virus en France. Sur 6,5 millions d’élèves, il faut dépister massivement et pas continuer les 200.000 tests par semaine, sinon autant vider une baignoire avec une cuillère à soupe", explique la scientifique à LCI.

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À l'instar de Catherine Hill, le Conseil scientifique a rappelé à plusieurs reprises d'importance d'étendre les tests à l'école. Notamment dans son dernier avis en date, le 20 novembre, destiné à éclairer les choix que doit faire le gouvernement à l'issue du conseil de défense prévu mercredi 24 novembre. 


Léa Coupau

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