PLAINTE - Hospitalisé en mai dernier, un homme de 76 ans vacciné a pourtant succombé au Covid-19, contracté à l'hôpital. Sa fille et ses proches saisissent l’État et épinglent la responsabilité de soignants non vaccinés.

“On l’a tué”, affirme Johanna. Selon une information du Parisien publiée le vendredi 9 juillet, cette préparatrice en pharmacie, a saisi le Premier Ministre après la mort de son père Fabien Cohen-Ganouna à l’hôpital, le 2 mai dernier. Ancien plombier à la retraite de 76 ans, immunodéprimé, il avait été hospitalisé à la mi-mars dans plusieurs établissements du Val-de-Marne pour une simple fracture à la hanche. Il avait été isolé dans une bulle sanitaire destinée à le protéger, mais qui avait été traversée par des soignants, non vaccinés pour certains. Contaminé, il est décédé du Covid-19. 

Aux côtés de ses grands frères et sœurs, de sa mère et de ses oncles, Johanna veut faire reconnaître la responsabilité de l’État en demandant une indemnisation. Elle accuse l’exécutif de ne pas avoir imposé la vaccination aux soignants.

Une indemnisation qui peut-être sollicitée dans le cas d’un décès lié au coronavirus “auprès de la commission de conciliation et d’indemnisation des victimes d’accidents médicaux compétente”, tandis qu’un “signalement est fait auprès des autorités sanitaires”, indique l’AP-HP dans un document transmis aux patients.

À l’hôpital Emile-Roux de Limeil-Brévannes, où il est hospitalisé un temps, ses proches étaient interdits de visite à cause du risque de contamination. “Par contre, il n’y avait aucun contrôle PCR ni de vaccination des personnels qui eux entrent et sortent”, s’indigne sa fille , toujours citée par Le Parisien. Testé positif un mois environ après sa première hospitalisation, son père avait pourtant reçu deux doses du vacicn Pfizer, “parmi les premiers en France”

"Si les soignants étaient vaccinés, mon père serait encore vivant"

Ses proches ont toujours été très vigilants à son égard depuis le début de la pandémie, portant le masque à ses côtés et réalisant de nombreux tests. “On a tout fait pour le protéger. Si les soignants étaient vaccinés, mon père serait encore vivant.” La cadette poursuit : “Je veux témoigner pour son honneur et pour toutes les familles qui ne disent rien, qui n’osent pas”.

  

“Au 6 juillet, il faut savoir qu’à l’AP-HP, si 92% des personnels médicaux sont vaccinés, seulement 55% des personnels dits non médicaux (NDLR : comme les infirmiers, aides-soignants, rééducateurs) le sont, avance Me Benjamin Fellous, l’avocat de la famille. Des professionnels amenés à être au contact des malades.”

La famille ne souhaite toutefois pas traquer le soignant responsable de la transmission du virus, ni même son service, mais bien attaquer l'Etat. Me Fellous dénonce “une défaillance”, ne comprenant pas pourquoi “l’Élysée ne légifère pas par ordonnances”. “Chaque jour qui passe, ce sont des contaminations supplémentaires”, déplore-t-il. 

Cette vaccination obligatoire a été préconisée ce vendredi 9 juillet par le conseil scientifique. Le gouvernement, de son côté, envisage de passer le pas pour “le champ du soin au sens large”, a appris l’AFP ce vendredi auprès de responsables syndicaux, à l'issue d'une réunion entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux. Une concertation tenue quelques jours avant l’allocution d’Emmanuel Macron lundi soir, qui pourrait dévoiler de nouvelles mesures de lutte contre l’épidémie, face à la propagation du variant Delta notamment. 


ML

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