Covid-19 : le défi de la vaccination

Covid-19 : profession, études, défiance... le portrait-robot des Français non vaccinés

La rédaction de TF1info
Publié le 24 février 2022 à 8h34
Un centre de vaccination contre le Covid-19, à Toulouse.

Un centre de vaccination contre le Covid-19, à Toulouse.

Source : GEORGES GOBET / AFP

Une étude de l'Inserm et de la Drees, publiée jeudi 24 février, dresse les différents profils des non vaccinés.
L'enquête met en avant des disparités selon des critères sociaux : niveau de vie, niveau d'études, profession...
Les plus défavorisés, les moins diplômés ainsi que les immigrés extra-européens sont les moins vaccinés.

Ils sont 4,1 millions de non vaccinés en France. Mais qui sont-ils ? L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dressent leur portrait-robot. Être vacciné contre le Covid dépend fortement de la situation socio-économique, les plus défavorisés, les moins diplômés ainsi que les immigrés extra-européens étant les moins vaccinés, selon cette étude, publiée jeudi 24 février.

L'enquête en question a été menée entre le 24 juin et le 9 août 2021, six mois environ après le début de la vaccination en France. En juillet, 72,2% des personnes majeures interrogées déclaraient être vaccinées (au moins une dose). Les non vaccinés se répartissaient en trois tiers environ, avec 9,8% de personnes ayant l'intention de se faire vacciner et autant (9,8%) disant "ne pas savoir" si elles allaient sauter le pas. Enfin, 8% de personnes ayant répondu à cette étude ne souhaitaient pas se faire vacciner, ajoutent les auteurs de ce troisième volet de l'enquête Epidémiologie et conditions de vie (EpiCov).

La vaccination dépend fortement de la position sociale

Selon cette étude de l'Inserm et de la Drees, qui a porté sur 85.032 personnes majeures, les critères sociaux sont déterminants : "Le fait d'être vacciné dépend fortement de la position sociale des personnes interrogées (niveau d'études, niveau de vie ou profession)", est-il résumé. Ainsi, les résultats combinés mettent en évidence une disparité selon des variables socio-économiques, socio-professionnelles, d'origine géographique et de confiance envers le gouvernement et le corps scientifique.

Non vaccinés : pourquoi ils ont changé d’avisSource : JT 20h Semaine
JT Perso

C'est le niveau de vie qui apparaît le plus discriminant : 55% des adultes dont le niveau de vie est inférieur au premier décile (les 10% de personnes au niveau de vie le plus faible) étaient vaccinés, contre 88% des adultes dont le niveau de vie est supérieur au dernier décile (les 10% les plus aisés). Les différences sont aussi marquées selon la catégorie socio-professionnelle, avec 65% des ouvriers ou anciens ouvriers vaccinés, contre 83% des cadres ou anciens cadres. 

Même chose, avec le niveau d'éducation, avec 70% des personnes sans diplôme vaccinées contre 79% chez les titulaires d'un diplôme supérieur ou égal à un bac+5. Enfin, les personnes immigrées originaires d'un pays hors d'Europe et leurs descendants sont moins vaccinées que l'ensemble de la population adulte, respectivement 59% et 53%.  

La défiance, une "cause directe" du refus du vaccin ?

Ces inégalités de recours à la vaccination sont présentes indépendamment de l'âge ou de l'état de santé, note la Drees. 

Les auteurs relèvent que ces disparités sociales "rejoignent celles constatées lors des précédentes campagnes vaccinales". Même si certaines populations (les plus âgées et les moins diplômées) disent avoir eu besoin d'une tierce personne pour prendre rendez-vous, l'étude ne permet pas de "déterminer si les personnes non vaccinées auraient rencontré des difficultés particulières dans l'accès à la vaccination (trouver un créneau libre près de chez soi, pouvoir se libérer pour aller se faire vacciner ou encore savoir prendre rendez-vous sur internet ou par téléphone)", préviennent-ils. 

Lire aussi

Autre enseignement de cette enquête : les disparités de recours à la vaccination selon le degré de confiance dans les autorités transcendent les autres critères socio-économiques. Les personnes n'ayant pas du tout confiance dans l'action du gouvernement pour limiter la propagation du virus sont 51% à être vaccinées contre 85% chez celles ayant tout à fait confiance. Quant à ceux qui ne souhaitent pas se faire vacciner, plus de la moitié indiquent n'avoir pas du tout confiance, contre une personne sur huit parmi les vaccinés. Pour autant, précisent les auteurs de l'enquête, ces chiffres ne permettent pas de savoir si la défiance à l'égard du gouvernement ou des scientifiques est une "cause directe" du refus du vaccin.


La rédaction de TF1info

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info