La France face à une 3e vague d'ampleur

Covid-19 : un couvre-feu créerait "un climat anxiogène contre-productif", craint le Dr Prudhomme

Idèr Nabili
Publié le 14 octobre 2020 à 16h37
JT Perso

Source : TF1 Info

RESTRICTIONS - Alors qu’un couvre-feu est envisagé par l’exécutif pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le Dr Christophe Prudhomme dénonce "une mesure brutale" et craint que "les conséquences sanitaires" engendrées "soient pires que la mortalité liée au coronavirus".

L’hypothèse d’un couvre-feu à Paris et dans les métropoles en alerte maximale ne plait pas à tous les professionnels de santé. Si certains jugent cette mesure utile pour "diminuer les contacts" et "limiter la pression sur les réanimations", d’autres ne sont pas de cet avis. Le Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes (Amuf) et délégué CGT, estime qu’une telle mesure pourrait être "contre-productive".

"Comment, dans une grande métropole, la police va-t-elle pouvoir faire respecter ce couvre-feu ? Cela risque d’être source de tensions", prévient-il dans LCI Midi. "En France, on n’arrête pas de créer un climat anxiogène auprès de la population que je considère comme contre-productif", poursuit le médecin urgentiste au Samu 93.

Selon lui, pour lutter contre la résurgence de l’épidémie, d’autres interrogations devraient devenir priorité. "Comment organise-t-on mieux la sécurité de ceux qui sont obligés de se déplacer pour travailler ? Comment les jeunes peuvent-ils continuer à faire leurs études pour qu’il n’y ait pas une génération sacrifiée ? Comment protéger les personnes âgées ?" liste-t-il. Il estime qu’un couvre-feu "mettrait tout le monde dans le même sac et arrêterait brutalement la vie sociale", ce qui serait "très difficile" pour la population.

"Il faut maintenir une vie sociale !"

Christophe Prudhomme redoute par ailleurs les conséquences d’un couvre-feu sur les habitants les plus défavorisés. "Avec le confinement et les problèmes psychologiques, est-ce que les conséquences sanitaires de ces mesures ne vont-elles pas être pires que la mortalité liée au coronavirus ?" se demande-t-il. "La population la plus touchée par l’épidémie va encore être la plus défavorisée. Ce sont les premiers de cordée [sic], en particulier la population auprès de laquelle je travaille en Seine-Saint-Denis", poursuit le porte-parole de l’AMUF (voir vidéo en tête de cet article).

Les habitants de son département "ont des horaires de travail très variées, ne font pas de télétravail et vivent dans des conditions précaires", rappelle-t-il. "Il faut maintenir une vie sociale. Mieux vaut des mesures moins rigides mais sur lesquelles il y a un consensus, comme limiter les rassemblements familiaux ou avec des amis", préconise le Dr Prudhomme. "Mais les mesures généralisées, brutales, avec la police qui vient vous taxer si vous sortez, je ne pense pas que ce soit la meilleure solution."


Idèr Nabili

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