SOCIAL - Une grève massive est prévue ce jeudi dans l'éducation, avec 75% d'enseignants grévistes selon le premier syndicat du primaire. Le fruit d'un protocole sanitaire illisible depuis la rentrée, et d'une longue dégradation des relations entre le monde enseignant et leur ministre Jean-Michel Blanquer.

Vers une mobilisation nationale massive ? Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, a prévu mardi que 75% des enseignants du premier degré seraient grévistes et que la moitié des écoles seraient fermées jeudi. En cause : une exaspération qui ne cesse de grandir depuis le début de la crise sanitaire, estiment les syndicats, qui dénoncent également l'attitude du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer. 

Tester ses enfants tous les deux jours, venir les chercher en urgence... Les parents d'élèves ont en effet vécu une rentrée agitée face à un protocole sanitaire complexe. Après une première modification, Jean Castex a pris la parole lundi soir pour tenter de le simplifier. Mais cela n'a pas suffi à convaincre les principaux intéressés : Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, a dénoncé un "total mépris vis-à-vis des enseignants qui sont sur le terrain", estimant que cela n'allait "pas du tout faire réduire le nombre de contaminations à l'école, au contraire (...) car il suffit désormais d'une attestation sur l'honneur des parents".

"Les parents deviennent chèvres"

Par rapport à "la façon dont on protège les personnels et les élèves, il n'a apporté aucune réponse", a abondé Sophie Vénétitay, du Snes-FSU (1er dans le second degré). Pour Stéphane Crochet, du SE-Unsa, "cette nouvelle règle ne va faire qu'ajouter de la tension sur le terrain, là où la situation est déjà très tendue". "Les parents deviennent chèvre", a résumé Laurent Zameczkowski, vice-président de la fédération de parents d'élèves Peep. "Il faut récupérer votre enfant, les tests et les pharmacies sont pris d'assaut, l'attente est pénible", ajoute-t-il. Et en général, "les autotests ne sont pas donnés comme prévu" gratuitement dans les pharmacies.

Autre point de crispation : les relations avec Jean-Michel Blanquer. "Cette mobilisation historique par son ampleur sur ces vingt dernières années n'est pas "une grève contre le virus" (ndlr : comme l'a affirmé le ministre) mais illustre le ras-le-bol grandissant dans les écoles", a estimé Snuipp-FSU. Et ce dernier de dénoncer des conditions de travail qui se dégradent" et "les mensonges permanents du ministre de l'Education". "Cette colère des personnels n'est pas un épiphénomène conjoncturel mais prend racine à la fois dans l'incapacité doublée d'incompétence à gérer la crise sanitaire à l'école et aussi plus globalement dans la politique éducative conduite depuis cinq ans qui abîme l'école et méprise les personnels", assure le syndicat. 

Plus largement, les enseignants dénoncent la gestion de l'épidémie par leur ministère, eux qui s'estiment en première ligne depuis des mois. Le conseil scientifique leur a d'ailleurs donné raison, estimant il y a trois semaines à "au moins" un tiers les professeurs qui pourraient être touchés par le virus d'ici à fin janvier, soit en étant positifs au Covid-19 soit "de façon indirecte" en étant cas contact. "L'urgence réside dans la fourniture de masques chirurgicaux pour tous les adultes et FFP2 pour ceux qui le souhaitent dans chaque établissement", avait estimé en début d'année le Snes-FSU, premier syndicat enseignant dans le second degré.


Thomas GUIEN

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