BONNE CONDUITE - Face à la hausse de la pratique du vélo et du nombre d'accidents, depuis la crise sanitaire notamment, focus sur ce qu'il convient de faire, ou pas, autour des voies cyclables.

Elles poussent comme des champignons, sauf qu'elles n'ont pas attendu les jours de pluie, et ont tendance à privilégier la ville à la campagne. On parle des voies cyclables qui, après avoir pris de plus en plus de place dans les agglomérations ces dernières années, ont accentué leur développement à la sortie du confinement via des "coronapistes" mises en place par les municipalités, pour le bonheur des uns, et, de plus en plus aussi, la colère des autres, piétons et conducteurs d'engins motorisés ayant soudainement perdu leurs repères. Les cyclistes eux-mêmes, du reste, peinent à s'y retrouver, nouveaux comme anciens.

Le sujet est sérieux : tandis que le gouvernement a lancé l'opération "coup de pouce vélo", un plan à 80 millions d'euros pour financer une prise en charge par l'Etat des réparations de bicyclettes, les accidents se multiplient : 123 cyclistes sont décédés depuis le début de l'année, soit seulement 29 de moins que sur la même période en 2019, alors que la France a été confinée pendant deux mois, selon des chiffres de la Sécurité routière. Laquelle pointe que la corrélation entre hausse de la fréquentation (+30% du 11 mai au 13 septembre) et de la mortalité est mécanique sous l'effet du nombre, mais s'explique aussi par certaines "mauvaises pratiques" d'usagers parfois mal informés. Passage en revue des questions qui se posent.

Les lignes jaunes sont-elles seulement temporaires ?

La couleur jaune peut effectivement indiquer le caractère provisoire, ou expérimental, d'un marquage au sol, mais s'agissant de la circulation des vélos, il faut connaître une autre spécificité : la distinction entre le jaune et le blanc permet celle entre pistes et bandes cyclables. Concrètement, une piste cyclable se trouve isolée du reste de la circulation, ce sont des zones protégées des véhicules motorisés, alors qu'une bande cyclable se partage entre vélos et automobilistes. Celle-ci est signalée par un panneau jaune et un marquage au sol (symbole de vélo et chevrons peints à intervalles réguliers) de la même couleur, signifiant donc que tous vont devoir circuler conjointement sur la même chaussée.

Villes : les vélos vont-ils chasser les bus ?Source : JT 20h WE

Les règles de priorité changent-elles ?

La règle de base : lorsqu'il circule sur une piste cyclable, un vélo est toujours prioritaire. Mais, chaque règle ayant ses exceptions, il faut savoir que cette règle s'annule si un panneau de signalisation, un marquage au sol ou des feux régissent une intersection donnée. Dans ce cas, un cycliste doit simplement suivre les règles s'appliquant à tout autre véhicule. A savoir qu'en l'absence de piste ou d'indications spécifiques, c'est la priorité à droite qui s'applique.

Les vélos peuvent-ils griller un feu rouge ?

Non, si un feu de complément autorise les voitures à tourner à droite ou à gauche pendant qu'un feu principal est rouge, alors un vélo peut le faire, exactement au même titre que n'importe quel autre véhicule. Piste cyclable ou pas.

Autre exception aussi, si un panneau triangulaire à l'attention des cyclistes indique que tourner à droite ou aller tout droit est autorisé.  En dehors de ces cas de figure, il en coûtera au contrevenant à vélo, exactement comme à celui en voiture ou en scooter, 90 euros d'amende si le paiement intervient dans les 15 jours, 135 euros au-delà et même 375 euros pour l'amende forfaitaire majorée en cas d'absence de paiement dans les 45 jours (60 jours pour les paiements par internet). 

Les vélos doivent-ils toujours laisser traverser les piétons ?

Dans l'absolu, oui, pour éviter tout accident. Mais si le feu est vert, un vélo est autant prioritaire que n'importe quel autre véhicule. En revanche, dans le cas où une piste cyclable autorise un vélo à rouler à contre-sens d'une rue à sens unique, c'est au cycliste de se montrer particulièrement vigilant en arrivant à un passage clouté, le piéton ayant parfois tendance à ne regarder que les voitures, et leur sens de circulation, au moment de traverser.

Les vélos ont-ils le droit de rouler sur le trottoir ?

Non, à part si une piste cyclable l'y autorise, ce qui est signalé par un marquage. C'est parfois le cas dans une rue étroite.

Hormis ce cas spécifique, l'amende est de 135 euros.

Le casque et le gilet jaune sont-ils obligatoires ?

Le casque n'est obligatoire que pour les enfants, jusqu'à l'âge de 12 ans, qu'ils soient conducteurs ou passagers. Le gilet, lui, ne l'est qu'en dehors des agglomérations, et de nuit.

Quid des bus et des taxi sur les pistes cyclables ?

Avec la multiplication des "coronapistes", il y a de plus en plus de cas où les pistes cyclables s'invitent dans les couloirs de bus et de taxi (ce qui, là encore, est indiqué par un panneau ou un marquage). Dans ce cas, aucune règle prioritaire spécifique n'est établie : les cyclistes doivent tenir compte des arrêts des bus exactement comme les voitures doivent le faire lorsque le bus ne circule pas dans un couloir dédié. Concrètement, si un bus utilise ses avertisseurs, un vélo peut entreprendre de le doubler, en regardant bien si la situation le permet (espace suffisant, personne qui n'arrive en face dans un double-sens). En revanche, si ces conditions ne sont pas réunies, ou que le bus met son clignotant à gauche pour repartir, le vélo doit s'arrêter derrière lui. Pour ce qui est des taxis, ils sont logés exactement à la même enseigne que les vélos. Pas de règle de priorité entre les deux. 


H.H

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