Dans les Yvelines, les associations d’insertion privées de subventions : "Que va-t-on devenir ?"

Anaïs Condomines
Publié le 4 septembre 2015 à 16h23
 Dans les Yvelines, les associations d’insertion privées de subventions : "Que va-t-on devenir ?"

A SEC – En plein été, le Conseil départemental des Yvelines (78) a prévu de diminuer les subventions des associations d’insertion de 40%. Résultat : une "asso" d’accompagnement de personnes au RSA est obligée de jeter l’éponge.

Ils ignorent tout de leur avenir proche. Les membres du collectif "Les RSistes Abandonnés", tous bénéficiaires du RSA, ne sont certains que d’une chose : depuis la fin du mois de juillet, ils sont livrés à eux-mêmes, l’Espace Permanent d’Insertion (EPI) des Yvelines, cette structure qui les accompagnait au quotidien, ayant été contrainte de mettre la clef sous la porte.

L’étourdissante nouvelle est tombée le 2 juillet.  "On nous a annoncé que le Conseil Départemental des Yvelines prévoyait de couper les subventions accordées aux associations d’insertion à hauteur de 40%", explique Morvan Prudon-Girard, représentant du collectif, à metronews. "Pour nous, c’est un coup fatal. Cette action nous permettait d’accéder à des formations, de nous y retrouver dans nos démarches. A présent, on nous répond : 'Il y a Pôle Emploi, pour ça'."

Zéro opposition

Une information confirmée par Marc Vignau, directeur adjoint d’AIF 92, une association d’aide sociale et maison-mère de l’Espace permanent d’insertion. "Nos subventions passeront de 262.500 euros à 154.875 euros par an. L’EPI étant une action financée à 100% par le département, nous n’avons pas les moyens de la faire perdurer." Il ajoute, la mort dans l’âme : "nous avons dû procéder à cinq licenciements économiques en quelques jours parmi le personnel qui accompagnait les bénéficiaires du RSA dans leur réinsertion. Nous sommes dos au mur."

Le couperet devrait tomber le 25 septembre, jour de l’assemblée départementale. Difficile d’imaginer que les élus feront marche arrière lors du vote final, pour la simple et bonne raison que depuis les dernières élections départementales et leur fameuse vague bleue, l’opposition de gauche n’existe plus guère au Conseil des Yvelines, présidé par Pierre Bédier (LR). Résultat : des acteurs sociaux démunis, pour qui les dés semblent jetés. Car l’AIF 92 n’est pas la seule à être touchée par ces coupes drastiques.

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"Ce n’est pas contre nous, on nous a annoncé que tout le programme d’insertion du département était concerné, au prétexte de baisses de dotations de l’Etat", poursuit Marc Vignau. De son côté, le Conseil des Yvelines n’a pas souhaité commenter cette annonce, confirmant simplement la date de la prochaine assemblée. En attendant, les stagiaires de l’EPI, bénéficiaires du RSA, ont lancé une pétition de la dernière chance . Et s’interrogent : "Grâce à cette asso, beaucoup d’entre nous avaient retrouvé la motivation d’avancer. Que va-t-on devenir ?"


Anaïs Condomines

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