Covid-19 : la propagation fulgurante du variant Omicron

Décès, naissance, mariages... Comment le Covid a bouleversé la démographie française

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 24 décembre 2021 à 6h41
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Source : JT 13h Semaine

ÉTUDE ANNUELLE - Pour la première fois depuis l'après-guerre, la France a enregistré plus de décès que de naissances pendant deux trimestres consécutifs, selon l'Ined, en raison du Covid-19.

Une première depuis 1945. Selon l'Institut national d'études démographiques (Ined), la France a enregistré davantage de décès que de naissances pendant deux trimestres successifs : fin 2020 et début 2021. Cela faisait donc 77 ans que la population française n'avait pas connu un solde naturel négatif. Et le responsable semblerait être, une fois de plus, le Covid-19.

Si elle conserve "la plus forte croissance démographique de l'Union européenne (UE)", nuancent les démographes de l'Ined, la France a vu  sa "dynamique démographique (...) perturbée" par la crise sanitaire.

9,1% de décès supplémentaires en 2020

"La population de la France n'a pas diminué" mais "marque un très fort ralentissement", détaillent-ils dans leur étude. Ce phénomène s'explique par une combinaison de facteurs simultanés. La hausse de la mortalité en 2020, d'abord, avec 668.900 décès enregistrés, toutes causes confondues, soit une hausse de 9,1% par rapport à 2019. L'espérance de vie des Français a ainsi diminué de presque sept mois pour les hommes et de cinq mois pour les femmes, retrouvant son niveau de 2014.

Un recul de 6 à 8% des naissances

Mais ce ralentissement s'explique également par une baisse des conceptions. En effet, quelque 736.000 bébés sont nés en France en 2020, soit le niveau le plus faible depuis l'après-guerre, en 1945. Cette lente diminution, engagée depuis plus de 10 ans, s'est largement accélérée en 2020, notamment en fin d'année : –6% et –8% de naissances ont été comptabilisées en novembre et en décembre 2020, par rapport à la moyenne des trois années précédentes. 

Le recul des naissances s'est accompagné d'une baisse du nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG). Cet indicateur a en effet reculé de 4% en 2020, par rapport à 2019, "dans les semaines qui ont suivi le premier confinement", preuve que "la baisse des naissances de novembre et décembre est avant tout le fait d'une diminution des conceptions", notent les spécialistes.

Conséquence ? Le solde naturel (différence entre les naissances et les décès) a atteint +67.000, soit à peine plus que le solde migratoire, selon des chiffres provisoires. Cet indicateur a même été négatif lors du dernier trimestre 2020 et du premier trimestre 2021. Pour autant, la France demeure le pays le plus fécond d'Europe en 2020, avec 1,83 enfant par femme. 

21% de titres de séjour délivrés en moins en 2020

La démographie française a également été bouleversée en raison de la baisse de 21% du nombre de titres de séjour délivrés aux ressortissants non-européens en 2020 par rapport à 2019, selon des statistiques du ministère de l'Intérieur. 

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Enfin, la crise du Covid-19 est venue chambouler la vie des Français jusqu'à les empêcher de s'unir : le nombre de mariages 

 s'est effectivement effondré de 31% en 2020. En cause ? L'incapacité des couples à se projeter dans l'avenir ainsi que les restrictions sanitaires contraignantes les ont conduits à repousser leur mariage à une date ultérieure. La baisse a été particulièrement importante de mars à juillet 2020, période privilégiée par les futurs mariés, sans véritable rattrapage durant le deuxième semestre (à l'exception d'octobre 2020 avec +28%).


Léa LUCAS avec AFP

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