Un nouveau déconfinement en 4 étapes clés

"Je suis déçue qu'il n'y ait pas plus de monde" : paroles de cinéphiles retrouvant les salles obscures

Justine Faure
Publié le 22 juin 2020 à 17h18, mis à jour le 22 juin 2020 à 17h37
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

REPORTAGE - Plus de trois mois après leur fermeture, les cinémas ont rouvert leurs portes ce lundi 22 juin. Pour le plus grand plaisir des cinéphiles que LCI a rencontrés en début d'après-midi à la sortie du Louxor, dans le 10e arrondissement de Paris.

Le hall du cinéma Le Louxor est bien plus calme que les trottoirs des boulevards de Magenta, Rochechouart et La Chapelle qui le bordent, animés à toute heure du jour et de la nuit. "Je suis déçue qu’il n’y ait pas plus de monde", nous glisse Annick, retraitée, à la sortie de Dark Waters. "J’habite juste à côté, j’avais à cœur de soutenir ce cinéma de quartier. Mais ça me désole de voir que peu de gens ont eu le même réflexe. Je pense que ça viendra, ils ont d’abord envie de profiter des parcs et des jardins. Ensuite ils iront au cinéma, cela demande un peu plus de temps et d’argent."

Catherine aussi est surprise de ne pas avoir fait la queue à l'entrée ce lundi, pour l'une des trois séances programmées en fin de matinée. "Je m’attendais à ce que ce soit la cohue. Je me disais même que je n'aurais peut-être pas de place. Mais non, c'est dommage. J’espère que le public va revenir", avoue cette retraitée, qui a prévu de revenir un peu plus tard dans l'après-midi pour voir un autre film.

Pourtant, Emmanuel Papillon, directeur de ce cinéma mythique laissé 25 ans à l'abandon et rouvert en 2013, est satisfait de cette reprise après plus de cent jours de fermeture. "Ce matin, nous avons accueilli une cinquantaine de personne, c'est comparable à ce que nous faisons d’habitude. Je serai plus sûr de l‘affluence en fin de journée, mais nous devrions faire environ 300 entrées." Ce qui rassure le directeur, c'est que les personnes âgées se sont déplacées : "C’est réconfortant de constater que les personnes les plus vulnérables n’ont pas eu peur. Je suis content qu’elles viennent nous soutenir."

"Dans les lieux culturels, la distanciation physique est respectée"

Effectivement, point de psychose parmi les cinéphiles masqués. "Je n’ai pas eu d’appréhension particulière à venir. Quand je vois ce qu’il s’est passé hier lors de la fête de la musique ou le monde attablé en terrasse sans respect des distanciations physiques, je me dis qu’à l’intérieur d’un cinéma, je suis épargnée." "Il n’y a pas plus de danger à venir au cinéma qu'à aller à La Poste", ajoute Emmanuel Papillon. "Les lieux culturels sont des lieux où la distanciation physique est respectée."

Un peu avant 14 heures, l'affluence se fait un peu plus importante au Louxor. Une dizaine de personnes achètent une place pour L'ombre de Staline, d'autres s'arrêtent à l'extérieur pour jeter un œil à la programmation. Un habitué fait signe au personnel en caisse, récupère un programme, et lance un rassurant "à très vite !" Annick, elle, s'apprête à entrer en salle 3 pour regarder son second film de la journée. "Quand on est en manque…. Ce serait comme demander à quelqu’un qui a très soif de ne boire qu’un verre d’eau, de ne pas en prendre un deuxième", s'amuse-t-elle.


Justine Faure

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