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Pour contrer notre dépendance à la Russie, pourrait-on miser sur des hydrocarbures français ?

Thomas Deszpot
Publié le 26 mars 2022 à 16h50
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'Europe cherche aujourd'hui à diversifier ses sources d'approvisionnement en hydrocarbures afin de réduire sa dépendance à la Russie.
S'il est possible de se tourner vers les États-Unis ou les pays du Golfe, par exemple, la question d'une exploitation du sous-sol français pourrait se poser.
La législation rend cette perspective impossible. Les concessions existantes ne seront pas renouvelées à l'avenir, tandis qu'il est interdit d'effectuer de nouvelles prospections.

Si l'on en croit l'expression populaire, en France, "on n'a pas de pétrole, mais on a des idées". Peut-on vraiment s'y fier ? À l'heure ou le conflit en Ukraine met en lumière la dépendance de l'Europe aux hydrocarbures russes, la question de l'indépendance énergétique se pose. 

Dès lors, serait-il possible de rompre progressivement avec les importations de gaz et de pétrole russes, à la faveur d'une production locale ? Ne pourrait-on pas trouver dans notre sous-sol des ressources en mesure de pallier une partie de nos besoins ? Cette hypothèse se heurte à de multiples écueils. En effet, avant même de s'intéresser aux hydrocarbures disponibles ou non, on observe que la législation en vigueur contraint la France à se tourner vers l'étranger pour son approvisionnement.

Une législation sans appel

La France et l'Europe s'interrogent désormais sur la manière de faire fi des importations russes. Dans l'Hexagone, rappelons que 17% du gaz consommé et 9% du pétrole sont en effet fournis par Moscou. C'est encore davantage en Allemagne, avec respectivement 55% du gaz et 42% du pétrole consommé. 

Forer le sous-sol français ou prospecter le second plus vaste domaine maritime au monde permettrait-il de renforcer notre indépendance énergétique ? Dispose-t-on de ressources nécessaires pour tourner au moins en partie le dos aux hydrocarbures russes ? À l'heure qu'il est, rappelle le ministère de l'Écologie, une production "made in France" existe déjà, bien qu'elle demeure modeste en ce qui concerne les volumes. "660.000‬ tonnes de pétrole ont été produits en 2021 en France, ce qui représente environ 1% de la consommation nationale de pétrole", souligne-t-on à TF1info. Par ailleurs, "153 millions de m3 de gaz ont été produits en 2021 en France, ce qui représente une part bien inférieure à 1% de la consommation nationale".

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Quid des ressources disponibles et d'un accroissement éventuel de la production à l'avenir ? Sur ce point, le ministère balaie les potentiels projets d'exploitation d'hydrocarbures sur le sol français : "La loi mettant fin à l’exploration et à la production d’hydrocarbures en France a été adoptée à la fin de l’année 2017" insiste-t-on. Un texte qui "prévoit l’interdiction du renouvellement des concessions d’exploitation existantes au-delà de 2040, ainsi que l’interdiction de délivrer de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures". Pour faire simple : "il n'y a donc plus de nouveau permis de recherche de pétrole et de gaz accordés en France depuis l'année 2017". Cela concerne tout autant des forages sur terre ou sur mer.

La loi votée il y a près de 5 ans visait "à respecter l'engagement de la neutralité carbone à l'horizon 2050", résume le site gouvernemental Viepublique.fr. Outre "l'interdiction immédiate de la délivrance de nouveaux permis de recherche d'hydrocarbures", il interdisait dans le même temps "la recherche et l'exploitation de gaz de schiste" sur notre territoire. Sauf à revenir sur ce texte, il serait en pratique impossible d'envisager d'augmenter les exploitations de gaz ou de pétrole en France.

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