Don "sauvage" de sperme : enquête sur les réseaux non légaux d'insémination

Virginie Fauroux
Publié le 13 septembre 2016 à 21h31, mis à jour le 14 septembre 2016 à 6h24
Don "sauvage" de sperme : enquête sur les réseaux non légaux d'insémination

Source : PHILIPPE DESMAZES / AFP

L'essentiel

MON PÈRE CE HORS LA LOI - Pourquoi des hommes donnent-ils leur sperme dans l'illégalité la plus totale, sans passer par des centres agréés et qui sont les receveuses ? Pendant deux ans, une journaliste a enquêté sur les réseaux parallèles d'insémination. Résultat, un livre inédit qui vient d'être publié aux Editions Michalon.

Pourquoi de nombreuses femmes passent par des réseaux illégaux de don de sperme plutôt que par les services de procréation médicale assistée.  Pour répondre à cette question, la journaliste indépendante Sarah Dumont a réalisé une enquête inédite qui vient d'être publiée aux Editions Michalon. Pendant deux ans, elle a eu des entretiens avec une douzaine de donneurs et une dizaine de receveuses ainsi qu'une quarantaine d'échanges sur internet.

"Les receveuses sont beaucoup plus frileuses que les donneurs pour en parler parce qu'elles risquent plus gros", a-t-elle expliqué mardi à l'AFP. En France, il est en effet interdit de manipuler du sperme en dehors des centres agréés par l'agence de Biomédecine, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à 30.000 euros d'amende et deux ans de prison.

Ce don sauvage passe par une série de voies parallèles, essentiellement les réseaux sociaux

Pourtant un nombre croissant de femmes, principalement des couples lesbiens et des femmes seules, prennent un tel risque. En cause, des délais de plus en plus longs. Et puis, la procréation médicale assistée (PMA) avec don de sperme est réservée aux couples hétérosexuels. Ce don sauvage passe par une série de voies parallèles, essentiellement les réseaux sociaux qui permettent aux donneurs et aux receveurs de se rencontrer.  "Son ampleur est impossible à quantifier", indique la journaliste.

Quant aux méthodes, les plus utilisées sont "artisanales", à l'aide d'une pipette ou "semi-naturelles" avec une éjaculation à la dernière minute "qui garantit un meilleur taux de réussite". Mais le rapport sexuel complet compte également bon nombre d'adeptes, comme le reconnaît Ed, "le géniteur champion d'Europe", père de 112 enfants qui affirme que 90% de ses dons ont eu lieu par ce biais.

Quant aux motivations des géniteurs, elles peuvent être très diverses : certains souhaitent aider celles qui n'ont pas accès à la PMA ou qui ne veulent plus attendre ou encore qui refusent l'anonymat du don.  Certains donneurs réclament pour leur part une rémunération qui peut aller jusqu'à 250 euros par insémination.

"J'ai été frappée par de très belles histoires de gens qui se sont rencontrés à travers ces dons" relève Mme Dumont.

"Super-géniteurs", 188 pages aux éditions Michalon

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