Crack à Paris : invoquant la "virulente opposition" d'Anne Hidalgo, le préfet annule l'évacuation dans le 12e arrondissement

V.M
Publié le 28 janvier 2022 à 13h10

Source : TF1 Info

Le préfet de police annonce la suspension du projet de transfert des consommateurs de crack du 19e vers le 12e arrondissement de Paris.
Il dénonce "l'empêchement" de la mairie de Paris.
Anne Hidalgo avait menacé jeudi de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.

Le communiqué est cinglant. Le préfet de police de Paris Didier Lallement a annoncé vendredi matin la suspension du projet de déplacement des consommateurs de crack du 19e vers le 12e arrondissement de la capitale, un projet qui avait été dévoilé en milieu de semaine et qui devait répondre à la colère des riverains du nord-est de Paris, de Pantin et d'Aubervilliers. 

Dans son message, le préfet pointe directement la responsabilité de la mairie de Paris, Anne Hidalgo ayant menacé jeudi d'un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme pour bloquer ce projet. "Le préfet de police prend acte de la virulente opposition de la maire de Paris à tout projet de déplacement des usagers du crack hors de la place Auguste-Baron, allant jusqu'à envisager des recours juridictionnels contre lui", dénonce-t-il.  

"Dans ces conditions, il ne peut que constater son empêchement par la Ville à réaliser l’évacuation vers le site du 12e arrondissement ou vers tout autre site, la mairie ayant refusé de faire la moindre proposition", ajoute le communiqué. "Il le regrette profondément pour les habitants du 19e arrondissement, de Pantin et d’Aubervilliers qui doivent désormais s’attendre à une occupation longue de l’espace public du square, car c’est une illusion d'essayer de leur faire croire que des solutions rapides et simples sont possibles pour permettre à ces personnes de se soigner et de se réinsérer."

Traitement "indigne", selon Hidalgo

Didier Lallement a assorti son message d'une menace, demandant à la Ville de Paris "nettoyer cette place des débris accumulés et transformés en cabanes, quitte à la réquisitionner à nouveau comme il vient de le faire", refusant "qu’un bidonville se construise à cet endroit masquant à la vue des policiers, les trafics".

Gérald Darmanin avait demandé à la préfecture de police de Paris de rechercher un nouvel endroit qui ne pénalise pas les riverains et les commerçants. La préfecture de police avait opté pour un terrain SNCF du 12e arrondissement, avec l'accord de l'entreprise publique, estimant le lieu "éloigné des quartiers résidentiels, commerçants ou des nœuds de transport, et, d'autre part, accessible aux services sanitaires et sociaux".

Anne Hidalgo a reproché jeudi à Didier Lallement la "non-prise en compte de la sécurité des riverains et des personnes qui habitent à proximité de ces lieux de deal et de consommation", et de traiter les toxicomanes d'une façon "indigne, qui n'a plus rien à voir avec le respect des droits humains". C'est sur ce fondement qu'elle a menacé de saisir la juridiction européenne. 


V.M