Plus de 3 Français sur 10 consomment plus d'alcool que les seuils établis par Santé publique France

Publié le 2 janvier 2022 à 16h44
JT Perso

Source : TF1 Info

ADDICTION - Alors que s’ouvre le "Dry January", mois balisé pour alerter sur les dangers de l’alcoolisme et encourager la sobriété, l’association de lutte contre le cancer s’inquiète d’une surconsommation chez bon nombre de Français, un phénomène aggravé par la crise sanitaire du Covid-19.

Si les Français sont nombreux à connaître les recommandations au sujet de la consommation d’alcool, une part non négligeable de la population en ne les respectent pas. Plus de sept Français sur dix savent les seuils recommandés par Santé Publique France, à savoir deux verres d’alcool par jour, pas tous les jours, ou dix verres par semaine maximum, mais 31% d’entre eux reconnaissent les dépasser, d’après un sondage BVA pour la Ligue contre le cancer et relayé par le Journal du Dimanche

Une surconsommation découlant d’une "banalisation" de ces boissons, déplore Emmanuel Ricard, délégué au service prévention et promotion du dépistage de la Ligue, auprès de l’hebdomadaire. Selon ce sondage, plus d’un Français sur deux considère ainsi qu’il est difficile de refuser un verre lors d’un dîner entre amis ou en famille. Un signal d’alerte lancé à l’occasion du "Dry January", entamé samedi 1er janvier, une opération zéro goutte d’alcool courant sur tout le mois.

La Ligue s’inquiète aussi d’une méconnaissance des risques encourus. "Beaucoup de gens identifient un risque à partir de deux ou trois verres, alors que l'alcool est toxique dès le premier verre", signale Emmanuel Ricard. 

Près de deux Français sur dix consomment plus depuis le début de la crise sanitaire

Les plus grands consommateurs sont les hommes et les plus âgés. Ces 31% de Français dépassant les recommandations recoupent 20% d’hommes et 11% de femmes. Dans la tranche des plus de 50 ans, 16% des sondés outrepassent les seuils de Santé Publique France, contre 3% pour les 18-24 ans et 4% pour les 25-34 ans. 

En revanche, l’épidémie de Covid-19 a accéléré le phénomène chez les plus jeunes, puisque la consommation d’alcool a augmenté chez 28% des 18-24 ans. De manière générale, la crise sanitaire a aggravé la situation, puisque 17% des sondés déclarent avoir bu davantage sur la période, ainsi que 30% de ceux qui dépassaient déjà les recommandations. "Dans un contexte de mal-être, les gens ont tendance à prendre l'alcool comme une béquille", commente Emmanuel Ricard.

Au niveau des catégories professionnelles des sondés concernés, la répartition est plutôt égale : si les inactifs sont 12% à consommer trop d’alcool, ils sont toutefois talonnés par les CSP+ (catégorie socio-professionnelle regroupant les chefs d'entreprise, les professions supérieures intellectuelles, ainsi que les commerçants et artisans), grimpant à 10%, suivis des autres professions, parmi lesquels 9% des sondés sont de grands buveurs. 

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La Ligue du cancer note toutefois une prise de conscience de ce fléau, puisque 35% des sondés se disent intéressés par le "Dry January" et pensent ainsi à rester sobres tout le mois de janvier - moment particulièrement propice après d'éventuels excès pendant les fêtes. 

Mais l’opération, lancée en France il y a trois ans, n’a toujours pas le soutien du gouvernement, contrairement à des campagnes similaires menées par exemple contre le tabagisme. "On n'a pas d'aide gouvernementale, on est toujours sans moyens", déplorait auprès de l'AFP le samedi 1er janvier la juriste Claude Rambaud, vice-présidente de la fédération d'associations France Assos Santé, qui chapeaute cette campagne. 

Pourtant, l’efficacité de cette campagne est prouvée. "Beaucoup de gens qui font cette pause continuent ensuite" à moins consommer d'alcool, "ça lance un élan", insiste la juriste, s’appuyant sur des études faites dans des pays anglo-saxons. 


La rédaction de TF1info

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