Réussir l'éducation de ses enfants

Éducation des enfants : un quart des parents reconnaissent donner des fessées, selon un sondage

par Virginie FAUROUX
Publié le 16 octobre 2022 à 18h16
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le premier baromètre sur les violences éducatives ordinaires révèle que 8 parents sur 10 y ont eu recours avec leurs enfants.
Parmi ces pratiques, des corrections physiques (gifles, fessées) et des violences psychologiques.
Elles sont pourtant interdites par la loi depuis 2019.

Quarante ans après la Suède, la France est devenue le 56ᵉ pays dans le monde à bannir les châtiments corporels. Nous sommes en 2019. Trois ans plus tard, au cœur de nombreux foyers, cette loi semble être passée totalement inaperçue, comme le révèle le premier baromètre sur les violences éducatives ordinaires, réalisé par l’IFOP pour la Fondation pour l’Enfance. Cette enquête, menée auprès de 1314 parents d'enfants de 0 à 10 ans, leur dresse en effet un portrait peu flatteur puisque 79% d'entre eux reconnaissent utiliser encore différentes formes de violences physiques ou psychologiques.

Les violences psychologiques très présentes

Précisément,  23% des parents déclarent donner une fessée, 20% bousculer leur enfant et 15% donner une gifle. Ce constat inquiétant laisse néanmoins la place à quelques évolutions positives, même si elles sont difficiles à quantifier, compte tenu du caractère inédit de l’étude. Selon Clémence Lisembard, chargée des missions sociales à La Fondation pour l’enfance, "les violences physiques sont en baisse, indique-t-elle dans le JDD. Il y a une prise de conscience de la part des parents même si c’est encore insuffisant". 

En revanche, les violences psychologiques sont, elles, toujours très présentes, d'après la Fondation : ainsi 55% des parents interrogés "crient très fort" après leur enfant, 48% punissent, 46% font du chantage par la privation (dessert, écran, bonbon, doudou) ou 42% par la promesse d'une contrepartie. Plus sournois : 18% traitent leur enfant de "bon à rien", de "méchant" ou "d'imbécile". "Ce que montre l'étude, c'est que s'il peut s'avérer relativement facile d'arrêter de recourir à des châtiments corporels, il est en revanche bien plus difficile d'arrêter toute forme de violences psychologiques", note Vincente Dennery sur France-Inter.

Ifop

La moitié des parents n'identifient pas les violences

Encore trop souvent banalisées, ces violences éducatives ordinaires peuvent pourtant avoir des conséquences lourdes sur le développement psychoaffectif et cognitif de l’enfant. "Sur 15 actions associées à des violences éducatives ordinaires, les parents en identifient en moyenne neuf, soit près d'un tiers, qui ne sont pas reconnues comme telles", note la Fondation. "Parmi elles, les menaces, chantages et privations, ou le fait d’enfermer l’enfant dans une pièce quelques instants (time out), ne semblent pas être des violences pour 50% des parents interrogés. Des études scientifiques en ont pourtant montré les effets néfastes". Par ailleurs, la Fondation souligne que "la majorité des parents ayant déclaré avoir le plus usé de violences éducatives ont eux-mêmes subi des actes de violence physique/morale durant leur enfance".

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Près de la moitié des parents disent donc vouloir recevoir des astuces et conseils pratiques pour mieux gérer les situations "à risque" et un tiers ne serait pas contre un numéro vert à appeler en cas de difficultés. "La grande difficulté des parents est de savoir comment poser des limites, assurer une certaine discipline sans recourir à ces violences", note la Fondation. Mais un parent sur 10 n'imagine pas éduquer son enfant sans violence. Or, "dans certains cas, la violence justifiée par l’éducation peut être le point d’entrée de formes de maltraitances plus graves", souligne la Fondation, qui appelle les pouvoirs publics à "inscrire la lutte contre les violences éducatives ordinaires dans un plan d’information et d’éducation des parents et de tous les professionnels de l’enfance".


Virginie FAUROUX

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