Les enseignants sont-ils payés 15 à 25% moins qu'il y a 20 ans ?

Publié le 27 novembre 2021 à 12h58
L'OCDE a récemment mis en lumière les faibles rémunérations des enseignants français.
L'OCDE a récemment mis en lumière les faibles rémunérations des enseignants français. - Source : MARTIN BUREAU / AFP

ÉVOLUTION - Un rapport du Sénat est relayé ces derniers jours pour illustrer la baisse d'attractivité du métier d'enseignant. Si des baisses de salaire notables ont bien été observées au cours des deux dernières décennies, il faut préciser qu'il s'agit de calculs en euros constants.

Une "évolution catastrophique". C'est par ces mots que des internautes commentent un récent rapport du Sénat, qui illustrent à leurs yeux le manque de considération observé ces dernières années pour les enseignants. Leurs rémunérations, apprend-on, auraient diminué de 15 à 25% entre 2000 et 2019.

Si ces chiffres sont conformes à ceux mis en lumière par les sénateurs, il faut noter que les montants sur les fiches de paie n'ont pas chuté. Néanmoins, dès lors que l'on se penche sur les évolutions dites "en euros constants", la situation des enseignants français apparaît peu enviable. En particulier lorsqu'on la compare à celle de leurs consœurs et confrères ailleurs en Europe.

De timides améliorations

Si la rémunération des enseignants revient dans l'actualité, on le doit à la présentation cette semaine du rapport dévoilé par le sénateur LR de la Meuse Gérard Longuet, pour le compte de la commission des Finances. Il nous apprend notamment que "les salaires des enseignants français se caractérisent par un niveau de départ bas et une évolution forte en milieu et fin de carrière. [...] Un professeur de moins de 30 ans ne gagne ainsi en moyenne que 1.806 euros nets par mois, soit 1,2 fois le salaire minimum de croissance (Smic), contre près de 1 000 euros supplémentaires en fin de carrière."

Les sénateurs notent par ailleurs que si l'on observe les niveaux de rémunération "en euros constants", il apparaît que "les enseignants français ont perdu entre 15 et 25 % de rémunération au cours des 20 dernières années". Une baisse qui "touche particulièrement les enseignants en milieu et fin de carrière". Il est important de souligner ici que le calcul se fait en euros constants, puisque cela permet de tenir compte de l'inflation au fil des années. Si les montants observés sur les fiches de paie ne sont pas en diminution depuis deux décennies, les enseignants se voient malgré tout moins bien payés, en raison de la hausse parallèle du niveau de vie.

Si le constat se révèle sévère, le rapport note toutefois que "les mesures prises au cours de l’actuel quinquennat ont [...] permis de limiter les conséquences au cours des dernières années". Des revalorisations décidées depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron qui se sont matérialisées dixit les sénateurs par une "trajectoire de chute relative des rémunérations [...] interrompue pour tous les corps et à tous les stades de la carrière enseignante". Pour autant, "il n’en demeure pas moins que les conséquences des évolutions depuis 2000 continueront de peser longtemps sur les carrières enseignantes".  

Surtout, les comparaisons avec nos voisins européens sont sans appel. Le manque d'attractivité du métier d'enseignant, régulièrement pointé du doigt par les syndicats, peut s'analyser à la lumière des écarts majeurs observés dans les rémunérations. Que ce soit en début ou en fin de carrière. En Allemagne par exemple, le salaire brut est deux fois plus importants. 

Sans se focaliser sur les seuls salaires outre-Rhin, on observe que les enseignants sont mieux lotis en Italie ou au Portugal, tandis que l'écart se creuse avec les rémunérations proposées en Belgique, en Espagne ou aux Pays-Bas. De l'aveu même des sénateurs, les différences ici constatées ne se justifient pas par un volume horaire inférieur. "Les enseignants en France passent davantage de temps à enseigner devant les élèves que leurs collègues dans les pays européens en moyenne", peut-on lire dans le rapport. Tordant au passage le cou à certaines idées reçues. 

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Thomas DESZPOT

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